Bill Stouffer – Agroforesterie en grand culture

Bill Stouffer est un ancien céréalier (soja-maïs en semis direct), éleveur et haut élu public.  Aujourd’hui il possède une ferme de 123 acres  (50ha) dont  70 acres (28 ha) sont actuellement en agroforesterie.  Il a principalement des châtaigniers pour produire de la châtaigne avec des cultures intercalaires et un peu de sureau pour la production de fruits.

« L’agroforesterie va dans la continuité de ce que je faisais avant avec les grandes cultures, j’essaie de récolter le maximum de soleil tout au long de l’année. »

1 Les châtaigniers et le blé en février

Châtaigniers

L’objectif principal de cette association arbre fruitier X culture est de produire de la châtaigne. Les cultures permettent de produire plus par unité de surface tant que les houppiers des arbres ne se touchent pas.

Plantation

Bill a choisi de planter du châtaignier chinois (Castanea mollissima?) . Ce châtaignier est résistant aux maladies, insectes et résiste aux températures très basses de cette région des Etats-Unis. Les variétés plantées sont : Ching  pour son très bon rendement, Peach pour la qualité visuelle de ses fruits, Core, Gédian et Sleeping giant.

L’espacement entre les arbres est de 20 pieds X 30 pieds (6 mètres X 9 mètres). Soit 70 arbres/acre (environ 185 arbres/ha). Il a choisi de planter plus dense que les recommandations normales. Dans quelques années, car les houppiers se toucheront, il souhaite couper un arbre sur deux pour retourner à la densité normale. Cette technique lui permet de produire plus de châtaignes dans les premières années où les arbres ne s’expriment pas complètement.

Les arbres sont plantés en quinconce et orientés nord-sud.

Avant la plantation il passe un chisel sur 60 cm de large. Puis il plante à la main au printemps.

Depuis le début il y a 7 ans, des nouveaux rangs de châtaigniers sont plantés, chaque année dans la continuité des plantations des années passées.

Protection

La protection au pied de l’arbre contre les mauvaises herbes est assurée principalement par la paille du blé.

Il essaie de nouvelles protections au sol car la paille de blé demande un peu trop de travail pour la gestion de l’enherbement. Il s’est alors orienté vers la bâche tissée. Le contrôle des adventices est très bon et l’humidité peu circuler tout au long de l’année. Cependant, l’avoir sur toute la ligne d’arbres coûte très cher. Dans le futur il pense poser seulement des carrés de toile tissée au pied de l’arbre.

La protection des arbres contre les chevreuils a dans un premier temps été assurée par des cages métalliques individuelles. Cependant, ces cages ont tendance à trop se salir en adventices, l’intervention sur l’arbre comme l’élagage étant trop complexe il a souhaité trouver une autre solution.  Il a donc installé des grillages de 3 mètres de haut tout autour de la parcelle. Ce dispositif est efficace.

Un tube en fer a été installé à chaque arbre pour qu’ils soient plus résistants au vent.

2Un châtaignier de 7 ans avec un tube en fer pour le soutenir et l’irrigation au pied de l’arbre

Irrigation

La totalité des châtaigniers et sureaux sont irrigués. Il utilise une irrigation au goutte à goutte au pied de chaque arbre.

L’eau provient d’un lac collinaire qu’il a créé au démarrage du projet. La totalité de cette eau d’irrigation est de l’eau récupérée lors des pluies.

Il utilise ce système aussi pour fertiliser. Il ferti-irrigue généralement 23 pound  N/acre (23kg N/ha) au débourrement des bourgeons et à la floraison.

Le nombre de tours d’eau varie énormément en fonction des années, il s’adapte en fonction du comportement des arbres. Il fait en sorte de ne jamais avoir de stress hydrique pour les arbres.

Récolte

Bill espère récolter 50 pounds à 70 pounds (23-32kg)/ arbre. Pour 70 arbre/acre (150 arbre/ha) la récolte espérée est donc de 4.5 à 6T/ha. La récolte devient satisfaisante à partir de la quatrième année.

Pour l’instant la récolte est assurée intégralement à la main. A l’aide d’un petit rouleau récolteur au bout d’un manche. Il  est encore physiquement capable d’assurer seul la récolte à la main. De plus les arbres ne s’expriment pas encore complètement. La récolte lui prend environ 6 semaines dans l’année.

Cependant, un investissement dans une récolteuse est à prévoir car il ne pense pas pouvoir assurer cela avec des grosses quantités de châtaignes. A ce moment-là, il ne sera plus possible de faire du blé car la paille viendra bourrer la récolteuse. Selon lui, la qualité de la châtaigne récoltée à la main est bien meilleure que celle récoltée à la machine.

Après la récolte il trie manuellement les châtaignes (une machine va être utilisée pour la saison prochaine). En suivant, il lave, stérilise les fruits et les met directement au frigo à 30°F (-1°C).

Vente

Il vend actuellement les fruits en direct aux consommateurs.  Le prix est de 4,5$/pound  (environ 9$/kg et 1$=1€). Aujourd’hui la demande, notamment de la communauté asiatique, est très forte pour la châtaigne entière.

Le prix de vente est largement au-dessus de ce qu’il avait prévu dans ses calculs financiers avant l’investissement. Il sait qu’il peut descendre jusqu’à 2.5$/pound (5$/kg) et continuer à gagner de l’argent.
Il pense que le prix de vente va diminuer quand sa production va augmenter. Cependant il reste très confiant quant à la rentabilité de son investissement.

Il vend également des greffons à 75cts par brin. L’intervention est assez simple. Il coupe au sécateur une pousse de l’année et vend cette pousse.

Du blé comme culture intercalaire

Lors de la première culture en 2009 il avait fait de la citrouille en semis direct. L’année suivante il avait fait du maïs consommation, cependant il avait été totalement détruit par la faune sauvage.

Ainsi, depuis 5 ans il fait du blé sur blé. Les rendements restent stables et semblables aux moyennes de la région (70 bu/acre, soit 55qtx/ha) malgré cette rotation normalement déconseillée.

Le blé est économiquement intéressant et la vente d’autres cultures d’hiver est complexe dans la région.

Le blé est un très bon compagnon du châtaignier. En effet, le blé permet de gérer les excès d’humidité de l’hiver. Il est récolté lorsque l’arbre commence à avoir des demandes importantes en eau. La paille produite par le blé est réutilisée pour gérer l’enherbement au pied de l’arbre.

Le blé est semé en direct à l’aide d’un semoir de 3mètres. Le pulvérisateur fait la taille de l’inter rangs.

Le blé est fertilisé, désherbé, et deux fongicides sont faits.

6Blé et châtaignier, une association très positive

Sureaux

Depuis 2-3 ans il produit aussi du sureau pour le fruit sur 5 acres (2ha). Il vend la totalité de sa production à un groupe de producteurs qui ensuite transforme cette marchandise.

3Sureau détruit au broyeur à gauche et non détruit à droite

Plantation

Il a planté 4 cultivars américains. Sur ces cultivars américains le fruit est produit sur la pousse de l’année. Les cultivars sont : Ranch, Bob girdon, Wylde Wood et  Adams.

Il gère l’enherbement sur le rang avec une bâche plastique noire.  L’entretien de l’inter rang sera fait au broyeur.

Il avait commencé par planter  les cultivars avec des racines mais  le taux de reprise n’était pas aussi satisfaisant que les bouturages. Il ne réalise à présent que des bouturages.

Irrigation et fertilisation

L’irrigation au goutte à goutte est placée en dessous de la bâche plastique. Il fait aussi de la ferti-irrigation.

Il met en début de saison environ 1 pound (500 grammes) de 10-10-10 au pied de chaque individu.

Santé de la plante

Les sureaux ne sont pas impactés par des maladies fongiques.

Cependant un mouche qui impacte très fortement les rendements est systématiquement présente.  Il passe donc toutes les 2 semaines  avec un insecticide de début juillet (début formation du fruit) jusqu’à la récolte.

A cause de ce parasite, il est très difficile de conduire cette culture en agriculture biologique.

Récolte et vente

4 Séparatrice des ombelles et des fruits

La récolte manuelle est faite en 6 semaines avec généralement une seule personne.

Après la récolte il passe le broyeur à fléaux pour détruire la pousse de l’année qui ne sera plus productrice de fruits.

Il récolte actuellement 3000 pounds pour 5 acres (1400 kg/2ha).  Le rendement attendu lors de la pleine production est de 5000 pounds/ 5 acres (2300 kg/2ha).

Le prix de vente est de 2$/pound (4$/kg).

Il utilise une machine qui permet de séparer les ombelles des fruits.  En suivant il lave, met en sachet et congèle les fruits.

Il est extrêmement satisfait de cette production.

5Laboratoire de triage, lavage et conservation du sureau et de la châtaigne

Conclusion

La châtaigne est la production principale. Le sureau et la châtaigne  doivent être gérés précisément en terme d’irrigation, de l’azote et des adventices. Il possède une marge de manœuvre très intéressante pour continuer à être rentable.  Bill Stouffer et sa femme son très satisfaits de cet investissement pour eux, leurs enfants et petits-enfants.

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