Will Glazik – Du semis direct en agriculture biologique

Will Glazik est un jeune de 26 ans, conseiller agricole. Il exploite pour lui quelques hectares en grandes cultures en agriculture biologique. Il travaille également sur la ferme de son père.

Sa ferme est en deuxième année de conversion en AB. Il y produit du blé, du soja et du maïs.

La santé de ses sols est son objectif  principal. Son père étant en agriculture biologique, il a toujours baigné et apprécié le challenge de ce mode de production. C’est donc naturellement vers l’agriculture de conservation des sols, et notamment autant que possible  du semis direct  en  bio qu’il souhaite travailler sur sa ferme.

La ferme de son père est en bio depuis 15 ans. Il exploite 400 acres (160 ha) en majorité pour l’élevage de bovins viande. Il produit des bovins croisés   Angus X Hereford, en pâturage tournant dynamique depuis un an. Les bovins engraissés sont vendus en vente directe. Sur 10% de la surface ils font du soja, du blé et du maïs.

Le contexte pédoclimatique de la région est très favorable aux grandes cultures. Les sols de la région sont les anciennes terres noires issues de prairies natives/savanes de chênes.  Les sols sont argilo-limoneux et ont 4% de M.O. Delon l’agriculteur l’eau n’est pas un facteur limitant toute l’année. La pluviométrie est aux alentours dès 1000mm/an.

Rendements espérés en bio

150 bushel/acre en Maïs = 120 qtx/ha

70 bushel/acre  en Blé  = 47qtx/ha

55-60 bushel/acre en Soja= 40.8 qtx/ha

Itinéraire en semis direct pour le soja (en agriculture biologique)

L’itinéraire technique est assez simple : Rouler au rouleau faca type « rolo crimper » le couvert, semer en direct le soja et moissonner.

Le couvert de seigle (7-10T MS/ha) est roulé au rolo-crimper  à 100% de la floraison du seigle.

L’espacement entre rang du semis est de 30 inches (76cm). Le semis est réalisé juste après le roulage.

Le soja reste très propre durant tout le cycle. Cependant en semant large il se garde la possibilité    d’intervenir avec le scalpeur si besoin.  Il n’a pas eu besoin de le faire dans les sojas semés en direct dans du seigle pour l’instant.

Il se fait sa propre semence. En conservant la meilleure partie de ses parcelles  semées en direct il souhaite arriver sur le long terme à avoir une génétique qui correspond à ses pratiques.

Il choisit toujours des variétés «  short growing  season » (cycle court)  pour le soja et maïs. Ceci lui permet de semer tôt  les couverts et ainsi d’avoir de bonnes productions de biomasses.

Pour le soja il est assez confiant dans son itinéraire en semis direct. Les résultats sont au rendez-vous.  Il n’a pas de problèmes de développement important d’adventices. La technique fonctionne très bien dans son contexte.

Itinéraire en direct pour le blé

Il sème le blé (120kg/ha) après la moisson du soja en octobre. Le blé est semé avec du « tillage radish »(radis) qui sera détruit par le gel de l’hiver. Il sème à la volée du trèfle incarnat  en mars quand le sol est gelé le matin et dégèle l’après-midi.

Il ne réalise pas de fertilisations extérieures pendant tout le cycle. Ses voisins en conventionnel ne font pratiquement pas de fertilisations non plus. Il utilise donc la même génétique que ses voisins.

Il ne fait pas d’interventions fongiques. Il espère en faisant un bon choix variétal et en améliorant la vie biologique du sol avoir un minimum de problèmes. Les problèmes  fongiques en bio dans son secteur impactent généralement 10% du rendement final. Une perte qu’il juge négligeable.

Il a observé en suivant les fermes bio que les premières années il y avait des problèmes avec les insectes mais que l’équilibre arrive au bout de 5-7 ans. Pour l’instant, il n’a pas eu de problèmes majeurs.
Il broye le trèfle incarnat généralement une fois. C’est souvent un passage en août pour contrôler les adventices d’été.
Il n’a pas de problèmes d’adventices en général sur le cycle du blé. Il a quelques chardons mais c’est une plante qu’il espère voir disparaitre avec le temps.

2 Blé-radis en directBlé semé en direct. Les feuilles de radis sont “cramées” par le froid de l’hiver. La présence de résidus de soja et du reste du couvert de seigle permettent un très bon paillage au sol.

Itinéraire technique maïs

Will Glazik cherche encore  l’itinéraire technique qui lui permettra de travailler au minimum le sol et de contrôler au mieux les adventices et d’avoir une meilleure nutrition pour le maïs.

Actuellement c’est un couvert de trèfle incarnat qui est présent  avant le maïs. Ce couvert permet d’apporter 180 pounds N/acre d’azote (180kg N/ha). Il complète avec une  fertilisation de 60 pounds N /acre de fientes de volailles sur toute la parcelle une semaine avant le semis du maïs.

Généralement il disque sur 15 cm et sème en suivant. Le semis se fait à 30 inches (76cm).

Il viendra scalper le nombre de fois nécessaires pour avoir un bon contrôle des adventices dans l’inter rang. Il cherche cependant à trouver une meilleure solution pour contrôler les adventices sur le rang.

Après la moisson il sème un seigle qui sera le couvert végétal avant un soja.

La génétique adaptée à un travail du sol léger, voir à du semis direct en agriculture biologique n’étant pas sélectionnée par les professionnels de la semence, il va devoir faire un grand travail de tri variétal pour trouver la génétique qui lui convient.

Des essais de semis direct dans le couvert de trèfle avec un scalpage en suivant pour contrôler le trèfle et les adventices n’a pas donné un résultat satisfaisant.

Gestion des adventices

Il n’a pas encore de problèmes de gestion des adventices, mais il souhaite vraiment développer ses techniques et ses connaissances, car il pense qu’il a encore beaucoup de progrès à faire.

Le changement de la flore quand les sols sont cultivés en bio sont notables. Il n’a pas une amaranthe dans ses champs alors que les voisins sont envahis. Il doit donc essayer de trouver lui-même le système qui correspond à ses attentes.

Les couverts végétaux sont son premier outil de contrôle. Il vient ajuster si nécessaire en scalpant dans la culture ou en passant les disques avant le semis de la culture ou du couvert.

Pour l’instant il ne veut pas travailler avec la vesce car dans les semences une grande partie ne germe pas la première année.  La vesce peut alors devenir une adventice l’année d’après.

4- seigle en direct avec tapis de seigle su soja direct de la dernière Seigle (pour moissonner) en direct après soja. Le couvert de seigle de l’année dernière avant soja est encore très présent et continuer à avoir un effet positif sur le contrôle des adventices.

Fertilisation

Les couverts sont les premiers fertilisants. Il utilise aussi un peu de compost et de fientes de poules.

De la chaux et du souffre sont épandues avant le maïs.

Le travail du sol

Il essaie de travailler au minimum son sol. Donc généralement il passe seulement les disques avant le maïs et quand une parcelle en a besoin. Cependant pour l’implantation du soja et du blé c’est le semis direct qui est privilégié.

Il utilise un scalpeur pour le contrôle des adventices. Il se garde le droit d’utiliser le scalpeur dans le soja si nécessaire. Pour les sojas semés en direct dans des bons couverts de seigle il n’a toujours pas eu besoin de l’utiliser.

Quelques idées pour l’avenir

Il souhaite densifier le couvert de trèfle (pour le futur maïs) à la fin août avec de l’avoine de printemps ou avec d’autres mélanges d’été, pour faire beaucoup de biomasse à l’automne. Cette biomasse sera détruite par le gel de l’hiver.  Ceci lui permettra d’avoir beaucoup de biomasse morte au sol au printemps pour mieux concurrencer les adventices. Il ne veut pas de couvert poussant au printemps avant le maïs pour pouvoir semer le maïs au 1er Mai. L’entretien des adventices sera fait au scalpeur dans le maïs autant de fois que nécessaire.

Il souhaite mettre plus de cultures dans la rotation.

Il a envie d’essayer de semer de l’avoine de printemps à la volée dans le maïs développé. Ensuite il sèmera en direct du seigle dans cette avoine, puis fera pâturer une première fois  de l’avoine à l’automne et le seigle sera présent et poussera pour un couvert hiver/printemps avant un soja. L’avoine de printemps sera contrôlée parfaitement dans l’hiver par le gel.

Le strip-till à disque va être développé pour le maïs. L’idée est de passer à l’automne et au printemps pour préparer un lit chaud pour le démarrage du maïs. Un scalpage sur toute la surface sera fait pour tuer/contrôler le trèfle. D’autres scalpages entre les rangs de maïs seront effectués pour le contrôle des adventices dans le maïs.

5 Trèfle incarnat de blé avec strip till pour le maïsTrèfle incarnat avec un passage de strip-till. Photo du 16 décembre.

L’atelier bovin viande bio de son père

Cette exploitation ce situe à 20-25 minutes de l’exploitation de Will Galzik. L’exploitation fait 400 acres (160ha) avec 10% en culture et le reste en prairies temporaires ou permanentes. Il y a 50 vaches. Au sevrage 35 veaux seront engraissés, la moitié au grain et la moitié à l’herbe jusqu’à environ 450 kg. Les animaux aux grains sont finis entre 15 et 17 mois et les animaux à l’herbe sont finis entre 18 -24 mois. Le croisement utilisé pour  l’engraissement est de l’Angus X Hereford. Tous les animaux engraissés sont vendus en vente directe.

Il y a 10% de la surface en grande culture : maïs, soja, blé. Ces parcelles rentrent en rotation avec des prairies temporaires.

Les vaches sont en extérieur toute l’année et l’hiver au foin.

Tous les mélanges prairiaux sont les mêmes : luzerne,  orchard grass (type de dactyle), fétuque et trèfle incarnat.

Les prairies temporaires sont semées  à la volée au printemps dans le blé qui finit la rotation.

L’arrivée du pâturage tournant dynamique a permis  l’extension de la période de pâturage de 2 mois dès la première année. Ils ont commencé un mois plus tôt et fini un mois plus tard que les années précédentes.  Il y a 4 rotations par parcelles dans l’année.

La fertilisation pratiquée est un compost épandu dans la prairie l’année avant le maïs.

7 - cows au foin.jpg Les vaches au foin à l’extérieur sur sol gelé. Cette parcelle sera un maïs l’année prochaine. Le chariot est déplacé tous les jours.

9-endroits pour vaches quand c'est trop humide Lorsque les sols ne sont pas portants les vaches sont nourries à cet endroit. Les bovins ont accès au bâtiment et à sa cours.

De l’agroforesterie

Un nouveau projet important va être réalisé maintenant que les clôtures, les couloirs de circulation  et le système d’abreuvage sont dans toutes les parcelles.  Des arbres (chênes et autres arbres natifs américains) seront plantés sur la ligne de clôture ne comportant pas les systèmes d’eau. Ceci correspondra à une ligne de clôture sur deux.
C’est un objectif paysager dans un premier temps et qui leur permettra d’ajouter de la biodiversité sur la ferme.

Conclusion

Le système de semis direct/travail superficiel du sol en agriculture biologique que Will Glazik met en place est assez récent. Les résultats sont assez impressionnants et incitent à se pencher plus sérieusement sur ces thématiques encore aujourd’hui peu abordées en agriculture biologique. C’est une affaire à suivre dans les années à venir.

Je me rendrai sur la ferme ce printemps ou cet été pour voir l’évolution des cultures. Je ferai surement un article pour vous montrer l’évolution des cultures.
Le site internet de la ferme de son père : http://www.cowcreekorganicfarm.com/home.html

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