Three brothers farm – Poules pondeuses en rotation sur pâture

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Michael en pleine récolte des œufs sur l’un des deux pondoirs amovibles

Michael et sa compagne sont installés depuis 5 ans sur une ferme maraichère avec une production de poules pondeuses au pâturage. Ils sont situés dans le Wisconsin à proximité Milwaukee, une ville de 600 000 habitants.

Lorsqu’ils se sont installés en maraichage un restaurateur les a contactés pour leur demander s’ils pouvaient le fournir hebdomadairement en œufs produit sur pâtures. Avant cet appel, ils n’avaient pas envisagés cette production.

Aujourd’hui ils ont 950 poules pondeuses de race « Gold star » (très proche de la Red Sex, plus fréquemment utilisée). Cette race produit des œufs marrons, les poules sont assez rustiques pour être à l’extérieur et produire régulièrement pendant leur cycle de production.

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Les poules de race Gold Star en plein travail

Il reçoit les animaux en septembre âgés de 18 semaines. Il les abat lui-même en novembre de l’année d’après. Il préfère ces poulettes achetées prêtes à pondre à 7$ (=7€) car cela lui permet principalement d’économiser du temps et d’avoir des soucis en moins à gérer sur la ferme.

Michael estime son travail quotidien : nourrissage, récolte des oeufs, déplacement de paddock, lavage des oeufs à 1h30 minutes par jour.

Les animaux sont à la pâture sauf l’hiver. La production actuelle d’avril/mai est de 650 œufs/jour pour 950 poules. En hiver, elles sont placées dans une serre double parois non utilisée  pour le maraichage à cette période.

Avec 1000 poules pondeuses, pour éviter le retour trop fréquent sur un même paddock il estime la surface nécessaire à 15 acres (6 ha), cela reste une estimation large. L’année dernière il a fait des temps de retour sur paddock un peu moins longs et à déplacé les animaux sur seulement  4 ha. Il n’a eu aucun problème.

L’impact « fertilisant » entre les paddocks utilisés ou non par les poules est visible sur la même saison.

Il n’est pas certifié agriculture biologique, il  nourrit ses animaux en alimentation certifiée non-OGM. Il donne à manger une fois l’après – midi et une fois à la tombée de la nuit. Il donne environ  125 g de farine pré-mixée/poule pondeuse/jour.

Il vend principalement ses œufs aux restaurateurs à 4 dollars (=4€) la douzaine livrée au restaurant. Il réalise une livraison par semaine. Il vend aussi sur sa ferme tous les Vendredi aux particuliers à 5$ (=5€) la douzaine.

Deux déplacements hebdomadaires

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Vue général du paddock : à l’extérieur du paddock la remorque de stockage de l’alimentation. A l’intérieur des clôtures : 950 poules, quelques brebis suitées, deux pondoirs amovibles,  trois mangeoires,  un abreuvoir, une remorque à plateau qui fait office de toit, et un spot de lumière

Il réalise lors de la période de pousse de l’herbe deux mouvements par semaine. Selon Michael, ces mouvements quotidiens sur de l’herbe fraiche et jeune permet une économie le jour après le déplacement de 20% de l’alimentation consommée quotidiennement. Lorsque la pousse de l’herbe est plus importante que la vitesse de rotation des animaux, il choisit de tondre la prairie en amont pour fournir quotidiennement une herbe jeune.

Le matériel

Les pondoirs ont été auto-fabriqués. Ils sont placés sur deux remorques facilement déplaçables avec un petit tracteur.

Le sol est fait en taquet en bois et grillage à poule, il permet la chute des déjections au sol.

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L’intérieur des pondoirs

Les pondoirs sont des bacs plastiques achetés en grande surface. Il les remplit en copeaux de bois une fois par semaine. L’accès aux pondoirs pour la récolte se fait par le côté de la remorque avec une porte facilement ouvrable.

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Vue de l’extérieur des pondoirs, pendant la récolte des oeufs

L’intérieur de la remorque pondoir est très difficilement accessible pour l’agriculteur.

L’alimentation est placée dans trois mangeoires en bois auto construites. Un grillage a été rajouté par-dessus pour que les brebis ne mangent pas l’alimentation.

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Mangeoires avec grillage pour que l’alimentation ne soit pas consommée par les moutons

L’eau est fournie à un seul endroit du paddock. Il fournit un flux d’eau « fraiche » constamment.  C’est un système d’attache rapide de tuyaux avec flotteur, relié à un bac acheté en grande surface.

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Le seul abreuvoir du paddock

Le paddock est délimité par trois filets électrifiés spécial volaille de 45 m de long.

Il stocke toute son alimentation dans une remorque à côté du paddock.

Il a rajouté une remorque à plateau au centre du paddock pour pouvoir fournir un abri supplémentaire en cas d’attaque de prédateurs ou de pluie.

Il allume un spot de lumière vers 5h30 du matin pour pouvoir fournir les 15-16h de lumière nécessaire à la stimulation des poules pour une production constante.

Gestion des prédateurs

La gestion des prédateurs terrestres et aériens est très importante.

Le filet électrique type volailles est le principal outil utilisé. Cependant les filets ne peuvent pas épouser parfaitement les formes de la prairie. Il faut donc lors de la pause être rigoureux et ne pas hésiter à rajouter quelques piquets de clôture temporaires pour coller le fils du bas au sol.

Pour les prédateurs aériens, il n’a pas trouvé beaucoup de solutions. Il effraye les prédateurs lorsqu’ils sont à proximité. Il a rajouté depuis peu quelques brebis suitées pour ajouter une présence supplémentaire dans le paddock. Ceci est efficace. Il souhaite à l’avenir avoir aussi un chien de garde.

Lavage des œufs et stockage :

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La machine pour laver les oeufs

Après les deux récoltes quotidiennes il transporte les œufs dans le sous-sol de la maison de ses parents. Cette double récolte permet de limiter la casse des œufs et  de limiter leur salissement.

Les œufs peuvent être lavés 30 jours après leur récolte et peuvent être conservés 30 jours après lavage. Généralement, il vend sa production hebdomadaire dans la même semaine.

Le lavage des œufs est assuré par une machine achetée 1800 $ (=1800€). Elle permet de faire 30 œufs / minute. Ils passent généralement 30 minutes par jour au lavage et mise en paquet. Ce qui est suffisant pour passer la production quotidienne.

Le lieu de stockage et lavage est situé dans le sous-sol de la maison de ses parents, cela a été validé par les organismes de certification.

La production en quelques chiffres :

L’activité est selon Michael très intéressante économiquement, peu gourmande en temps et facilite la gestion de la trésorerie sur la ferme.

Il présente la partie économique de la ferme comme ceci pour 950 poules pondeuses :

  •  Il achète à 1 100$ (1 100€) soit 5000lbs (2.5T) de farine non-OGM pré-mixée toutes les 3 semaines (cette quantité est suffisante pour 3.5 semaines). Cela fait environ 370$ (=370€) d’aliments pour une semaine
  •  Il vend 1 200$ (=1200€) d’œufs/semaine
  • Les charges fixe : animal, terrain etc… sont de : 100$

Il travaille environ 1,5 heure/jour pour le nourrissage, lavage, changement de parcelles… Soit 10,5 heures par semaines.

Il estime donc rémunérer sa main d’œuvre à environ à 60$ (=60€)/heure.

Qui a dit qu’il était impossible de gagner sa vie en étant agriculteur ?

Quelques pistes pour plus d’efficacité :

Dans cette production Michael identifie trois points clefs de la production pour avoir une très bonne rentabilité à l’heure travaillée :

  • De bons pondoirs pour des œufs propres : il faut récolter régulièrement, pour avoir des œufs propres, donc passer moins de temps au lavage. Le système de ponte est aussi très important. Les bacs plastiques qu’il utilise actuellement ne sont pas assez efficaces. Il souhaite investir sur des systèmes de pondoirs à pente. Ce qui lui permettra de laver finalement beaucoup moins d’œufs.
  • Rotation des pâturages : Il est important de donner de l’herbe fraîche et jeune. Ceci permet  d’économiser 20-30% d’aliment  à chaque nouveau changement de paddock.
  • Efficacité au travail : l’optimisation des manipulations quotidiennes (nourrissage, déplacements…) permet d’améliorer la rentabilité de manière exponentielle.

Pour améliorer ces différents points et avoir plus de poules pondeuses sur son exploitation Michael souhaite faire quelques changements :

  • Un serre amovible avec les pondoirs, l’alimentation et l’eau accrochée. Elle sera déplacée par un tracteur, il n’aura qu’un seul module de ponte à déplacer, contrairement à deux actuellement
  • Utilisation de pondoirs à pente pour obtenir des œufs plus propres
  • Augmenter le nombre de moutons et achat d’un chien de garde pour dissuader les prédateurs terrestres et aériens

Ces investissements permettront de simplifier et d’améliorer le travail quotidien.

Pour les curieux qui souhaitent voir à peu près à quoi pourrait ressembler ses nouveaux investissements : https://hengear.com/

Conclusion :

L’activité poule pondeuse en pâturage avec vente directe des œufs est une activité très lucrative. Sa rentabilité est assurée par un équipement simple, des tâches quotidiennes limitées et une bonne valorisation du produit final. Ceci est possible grâce à un matériel adéquat et une vente du produit à son vrai coût.

Michael est très satisfait de cette activité. La très forte demande de nouveaux clients et l’expérience prise au fil des années lui conforte dans son choix pour dans le futur pour doubler le nombre de poules pondeuse présentes sur sa ferme.

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