Jason Mauck – Du soja en culture relais dans du blé

Jason Mauck finit plusieurs dizaines de milliers de porcs par an. Il fait aussi du Maïs, Soja, Blé sur sa ferme dans l’Indiana.

L’abondance  en lisier permet de baser son système de grande culture autour de ce type de fertilisant. Jason réfléchit énormément sur l’optimisation du l’utilisation de  cette ressource. Depuis trois ans il réfléchit à une utilisation maximale de ses parcelles en combinant des blés d’hiver à haut rendement avec une culture relais de soja. Soit deux récoltes en un an.

Blé : maximiser la photosynthèse

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L’effet buissonnant sur le blé est recherché pour optimiser la photosynthèse du blé…mais aussi du soja

Dans sa parcelle expérimentale,  il a d’abord appliqué 6000 gallons/acre (68 mètre cubes/ha) de lisier et des pellets de chaux. En suivant, il réalise un léger travail du sol et implante  au semoir à céréales son blé.

Pour pouvoir laisser de la lumière au soja au printemps il a bouché une partie des descentes du semoir de blé. Il sème 2 rangs à 7.5’’ (19 cm) puis bouche 4 descentes soit un espacement de  30’’ (76.2cm) puis semés 2 rangs et ainsi de suite. Le nombre de grain/m² a été réduit.

A la même période de semis Il a semé à la volée en plein du radis fourrager. Ce radis sera sera détruit par le gel pendant l’hiver.

L’espace libéré permet un tallage maximal du blé pouvant atteindre 60 talles/pied sur certains pieds (la moyenne du nombre talle/pied est mois important). Un régulateur est utilisé pour former des talles plus droites et résistantes. Ceci permet aussi de laisser plus de lumière au futur soja.

La photosynthèse est également favorisée par rapport au semis à 7.5’’, car dans ce cas la plante ne capte pas seulement la lumière par le dessus du rang mais également par les côtés. La forme arrondie des rangs présente en effet une surface d’absorption plus grande qu’un semis conventionnel.

La compétition au sein du peuplement est plus faible et la présence du lisier accélère le développement de la culture dès l’automne. Pour ne pas que cette dernière n’atteigne un stade trop avancé avant les premiers froids, le semis est plus tardif qu’à l’ordinaire.

L’air circule davantage dans les rangs, la culture est plus saine selon Jason.

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Le radis et le blé en entrée d’hiver (photo : Jason-Mauck)

Implantation du soja dans le blé

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Le soja est semé à la perpendiculaire des rangs de blé

Afin de couvrir l’entre-rang, un soja a été semé à 15’’ (38 cm) perpendiculairement au rang de blé. L’objectif étant de limiter les zones de compaction en ne repassant pas sur les traces du semis de blé. Cette étape n’impacte que très faiblement le blé qui s’est relevé par la suite. Début mai, les passages de roues n’étaient quasiment plus visibles.

Le semis de soja doit donc se faire plus tôt qu’une implantation normale, de sorte que le blé ne soit pas endommagé par le passage des machines. Le semis précoce donne aussi une chance au soja pour qu’il se développe plutôt avant que le blé devienne très agressif. Alors que les semis étaient en cours dans la région, le soja était déjà au stade 2/3 feuilles début mai ce qui lui permet de rester compétitif.

Seules les plantes de soja situées au centre de l’inter-rang sont viables, ce qui représente une perte non négligeable de grain. Cependant, avec la fertilisation apportée et l’effet buissonnant du soja, il espère que la plante compense en rendement.

Des rendements espérés au-dessus de sa moyenne de ferme en blé (100 bu/acre (6.7T/ha) en blé et 50bu/acre (3,3T/ha) pour le soja associé) et des coûts d’implantation passés de 275$ (275€) à 150$  (150€)font espérer à Jason une marge de $1000/acre (soit 2000€/ha).

Conclusion

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Le blé en interseeding (à droite) est plus sain que le blé semé à espacement normal (à gauche)

Jason est plein d’idées et d’énergie qui le conduisent à mener différentes expérimentations pour mettre à profit les ressources de son exploitation dans une rotation blé/maïs/soja.

L’essai décrit ci-dessus démontre pour lui l’importance de l’espacement entre plantes sur la vigueur, le développement et in fine le rendement de la culture. Il est convaincu qu’il est possible de gagner en rentabilité en jouant sur la densité de semis et nombre de talles par plantes et la réalisation d’une double culture en optimisant l’utilisation de la lumière.

Le système n’en est qu’à ses balbutiements mais Jason Mauck est très satisfait de cette nouvelle piste de recherche. Il compte apporter de nombreuses améliorations via notamment un meilleur contrôle des déplacements des engins sur la parcelle (control trafic farming) ou encore l’exploration de nouvelles variétés plus adaptées à ce type de conduite.

Jason Mauck est très présent sur twitter, vous pouvez le suivre l’évolution de la culture sur @jasonmauck1

Affaire à suivre !

Yann Janin & Sylvain Cournet

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