Luke Linnenbringer – Bovin viande en pâturage tournant, semis direct sur couvert et poules pondeuse sur pâture

Luke Linnenbringer est un éleveur- céréalier. Le troupeau de 150 vaches à viande est mené en pâturage tournant toute l’année sur prairie ou sur couverts végétaux. Tous les animaux sont finis au grain sur la ferme.  Il fait du semis direct sous couvert de soja, maïs et blé.  Quelques poules pondeuses sont déplacées quotidiennement sur pâture.

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Luke dans un couvert qui a été pâturé en avril. Le couvert va être roulé et semé en même temps en maïs ou soja. La vesce est à pleine floraison et le seigle commence le remplissage des grains.

Bovin viande

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Les vaches et les veaux avant le changement de paddock

Lors de ma visite à la fin mai, le troupeau de 150 vaches suitées sur des paddocks est déplacé quotidiennement sur de nouveaux paddocks de 3 acres. La délimitation est faite au quotidien avec du fil polywire.

La génétique du troupeau est majoritairement composée de Black Angus, Red Angus, Hereford  et de la génétique de l’entreprise américaine Pharo  (http://www.pharocattle.com/).

Cet hiver Luke a utilisé seulement 20 bottes de foin, certaines années il n’a pas besoin d’utiliser de foin. Luke achète tout son foin. Pour arriver à ce résultat il fait des stocks sur pieds (stockpile) d’herbe. Ce processus de création de stock sur pied démarre dès le début des pousses au printemps par la gestion de l’herbe et des résiduels en sortie de paddock.

Il fait pâturer les couverts végétaux de ses intercultures de début août jusqu’au 10 octobre.  La qualité fourragère des couverts végétaux stimule les vaches (flush) qui vont être mises au taureau en même temps.

Pâturer les couverts lui permet d’agrandir sa surface pâturable pour l’hiver en laissant certaines prairies créer les stocks sur pieds pour plus tard.

Tous les vêlages ont lieu au printemps.

Après quelques années de tâtonnement, il a décidé d’augmenter ses résiduels en sortie de paddock pour mieux affronter les périodes de sécheresse. A présent l’idée est de faire pâturer seulement le premier tiers des plantes pour leur fournir une alimentation de qualité au quotidien. Selon lui, avoir plus de résiduels permet d’avoir des repousses plus importantes en été. De plus les résidus  au sol sont plus importants, l’infiltration est meilleure et il y a moins d’évaporation. Selon lui, il est plus efficace car il obtient une pousse d’herbe tout au long de l’année. Il est ainsi passé de 2 acres à 3 acres (0.8-1.2ha) pour ses 150 vaches.

Les broutards sont conduit à la pâture jusqu’à 700-900 lbs (350-450kg) puis il les finit dans son feed lot. Il finit ses bovins en moins de 24 mois pour un poids vif de 1100 lbs (550kg).

Pâturage des couverts

Les bovins pâturent des couverts d’été. Ces couverts sont soit intégrés dans la rotation des cultures (après moisson du blé), ou sur des parcelles qui sont uniquement semées en couverts pour le pâturage.

Les mélanges de couverts d’été pâturés  possèdent entre autre du maïs et du soja. Il produit environ 1000 à 1200 lbs de viande/acre de (1000 à 1200kg de viande/ha) en 60 jours de pâturage. A contrario sur une pâture il estime des gains de 500lbs de viande/acre (500kg de viande/ha).

La différence de gain entre une prairie et un couvert est de 700lbs de viande/acre (700kg de viande/ha). Selon l’éleveur, en feed lot il lui faut 0,5$ d’aliment pour faire 1 lbs de viande (1€ d’aliment pour 1 kg de viande).

Économiquement, la différence à l’hectare est la suivante :  700*0.5 = 350$/acre  (700€/ha) de gain de viande.

Le coût d’implantation du couvert (100$acre  soit 200€/ha) et du terrain (150$/acre soit 300€/ha) est de 100+150 = 250 $/acre (500€/ha).

Avec ce calcul fait sur le quad avec l’éleveur, il estime gagner environ 350-250 = 100$/acre (200€/ha) en plus grâce au pâturage de couverts d’été en comparant à un système sur pâture.

Le pâturage de couverts d’été est donc une pratique gagnant selon l’agriculteur. Cependant, ce système est plus risqué car le semis peut être loupé et demande plus de gestion contrairement à une prairie déjà installée.

Certaines parcelles sont essentiellement des enchainements de couverts d’hiver et d’été. Dans ce cas, il ne détruit jamais chimiquement le couvert lors du semis du nouveau mélange.

Les parcelles de couverts de graminées d’hiver sont souvent déséquilibrées dans leur ration Énergie/Protéine. En effet, les couverts ont souvent trop de protéines. Il apporte donc de temps en temps de l’énergie (maïs ou foin).

Taille des paddocks en temps réel grâce à son téléphone

Luke utilise sur son Iphone une application  pour connaître au champ la taille exacte des paddocks qu’il est en train d’utiliser. L’application « PlanImeter » utilise le GPS du téléphone mais n’a pas besoin d’internet dans la parcelle.  Lorsqu’il roule dans une prairie avec son véhicule utilitaire l’application lui donne en temps réel la taille actuelle  du paddock qu’il est en train de faire.
C’est un outil très simple à utiliser et instantané.

Cultures

Sur la ferme, maïs soja et blé sont produits en semis direct sous couvert depuis 7 ans.

Maïs

Le maïs est généralement semé dans un couvert de seigle ou de seigle/vesce.
Il ajoute dans la ligne de semis 3 gallons/acre de SP-1 (activateur biologique : http://agrienergy.net/wp-content/uploads/2013/10/Label-13-SP-1-051612.pdf) avec 2gallons/acre 21-1-4

En même temps en fertilisation liquide 2X2 (5cm à côté de la graine et 5 cm en dessous du niveau de la graine) il rajoute 20 gallons/acre (180L/ha) d’urée et du  Potassium Thiosulfate + Ammonium Thiosulfate et de la Mélasse.

Il reviendra plus tard pour faire un apport d’urée en solide à l’épandeur d’engrais.

Rouleau faca sur le semoir

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Le rouleau faca fixé sur la poutre des éléments fertilisants 2X2

Luke vient tout juste d’installer un rouleau faca sur la poutre de son semoir.

Le but est d’éviter un passage en roulant le couvert en même temps que le semis de la culture. Pour l’instant, le couvert sera tout de même détruit avec de la chimie.

Sur son semoir Max Ermerge 2 Luke n’utilise pas de chasse débris ou de disque ouvreurs. Ces options sont inutiles et déplacent trop de terre selon le SDiste.

Poules pondeuses en rotation sur pâture

Un atelier de quelques centaines de poules pondeuses est présent sur la ferme. Deux lots de poules sont sur la ferme. Un lot pour la production d’œufs, et un autre lot pour le déparasitage des parcelles.

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Lot de poules pondeuse produisant les oeufs. La remorque est déplacée au quotidien.

Cet atelier permet au jeune agriculteur d’avoir une rentrée d’argent régulièrement et ainsi gérer avec plus de flexibilité les finances de l’exploitation.
Il livre ses œufs une fois par semaine à ses clients avec ses colis de viande.
Sur des remorques aménagées il déplace tous les matins les poules vers de nouvelles parcelles. Son quad déplace facilement la remorque la majeure partie du temps (si vraiment humide : utilise tracteur)
La remorque possède entre autre une porte qui s’ouvre et se ferme automatiquement pour que les poules soient protégées des prédateurs la nuit.  Les abreuvoirs et les mangeoires sont à l’intérieur de la remorque. Les pondoirs ont un système à œufs propres grâce à une légère inclinaison de sol du pondoir. Une lumière à l’intérieur de la cabane permet aux poules d’avoir les 14-16h de lumière quotidiens. Cette lumière est reliée à une batterie qui est chargée par un panneau solaire.

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L’intérieur de la remorque/cabane

La ration a été établie par l’entreprise Fertrell. Cette entreprise est très connue dans la production de volailles sur pâtures. Elle est composée de : Maïs (45%), Soja extrudé (25%), Avoine (15%), Calcium (8.75%), mélange de minéraux de Fertrell( 3%), coquille d’huitres (2.5%).

Le deuxième lot de poules en deuxième rotation de ponte suit le troupeau de vaches à quelques jours d’intervalles. A quelques jours d’intervalles les poules sont dans le même paddock que les vaches. Elles sont libres et vont aller chercher les insectes et vers dans les déjections des animaux passés précédemment. La pression en parasites des bovins est ainsi diminuée. Quelques œufs sont produits par les poules. Le système fonctionne bien selon l’éleveur

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Les vaches prêtes à changer de paddock et le lot de poules pondeuses déparasitantes

Les deux lots de poules pondeuses n’ont pas de filets de protection pour délimiter leur paddock et pour les protéger des prédateurs terriens. A chaque cabane un chien attaché à une chaine sert à protéger les poules. Cependant cela n’est pas suffisant, les prédateurs prennent beaucoup de poules. Luke avoue que les pertes sont assez conséquentes mais il ne souhaite pas déplacer au quotidien les filets de protection. Donc il est obligé de faire avec.

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Une bouse de vache qui a été “déparasitée” par les poules

Conclusion

Le pâturage tournant et le semis direct fonctionnent très bien sur la ferme de Luke. La combinaison de ces deux ateliers permet à l’éleveur d’améliorer sa rentabilité et d’aller plus vite et plus loin dans sa démarche agronomique.

Selon l’éleveur céréalier pour réussir au quotidien:

  •  Il n’a pas peur de faire des erreurs. Il préfère apprendre en essayant plutôt que ne pas essayer du tout
  • Il pâture des annuels. Le retour sur investissement est intéressant  et très rapide
  • Il réalise des déplacements au quotidien de tous les animaux sur de nouveaux paddocks

 

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