Seven Sons Farm – Poules pondeuses sur pâture, porcs dans les bois et bovins à l’herbe

La Seven Sons Farm produit sur 550 acres (220ha) 400 porcs sur pâtures et sous-bois, engraisse 150 bovins à l’herbe et élève 6 000 poules pondeuses grâce à 10 employés à pleins temps et 10 à 14 à temps partiel. Cette ferme familiale, située dans l’Indiana, a d’abord été montée par Lee & Beth Hitzfield, parents des 7 enfants. Agés de 18 à 31 ans ils ont aujourd’hui tous repris la ferme.  Au fils des années ils ont réussi à combiner technique agricole et marketing pour une ferme très viable sur le plan économique, social et environnemental.

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Deux des sept frères dans un des poulaillers mobile

Le travail est réparti de sorte que chaque frère ait une tâche attribuée ainsi qu’une certaine marge de manœuvre et un pouvoir décisionnel. Chaque atelier est officiellement géré et détenu par un frère, ils ont donc chacun leur indépendance. Chaque entreprise vend sa production à la structure de commercialisation/marketing de la ferme.

Poules pondeuses

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Les 3 serres côte à côte pour 3 000 poules pondeuses

Les 6 000 pondeuses sont séparées en 2 lots de 3 000 poules. Les animaux sont déplacés quotidiennement sur de nouvelles pâtures grâce à leurs serres mobiles construites sur mesure. L’hiver le bâtiment n’est pas déplacé mais les poules ont accès à de nouvelles pâtures tous les 2-3 jours.

De l’herbe fraiche au quotidien

Le plus important est de pouvoir fournir aux animaux un environnement sain. Le déplacement sur de l’herbe fraîche au quotidien est primordial. Ceci permet une meilleure gestion sanitaire et augmente le taux d’herbe consommée par les poules dans la ration quotidienne.

La hauteur d’herbe nécessaire est d’environ 6-8 inch (16-20 cm) minimum. Ceci permettra une repousse de l’herbe rapide. Si d’autres animaux (types bovins) viennent pâturer ensuite, le chargement est réduit de moitié. Le choix du pâturage ou non par les bovins est fonction de la disponibilité et de la pousse de l’herbe.

Sur 25 acres (soit 10ha) ils accueillent 3 000 poules pondeuses par an. Sur ces pâtures 3 rotations sont réalisées. Les animaux reviennent à 3 reprises sur le même paddock, la serre n’est pas forcément posée au même endroit.

Les clôtures amovibles spéciales volailles sont posées en carrés de 50 mètres de côtés. Cette surface représente 2 à 3 jours de pâture et encercle les serres amovibles déplacées quotidiennement à l’intérieur de ce paddock.

Démarrage des poules

Les pondeuses proviennent de naisseurs états-uniens. Selon un des frères, ne pas transporter les poussins lors de leurs trois premiers jours dans des camions améliore la ponte par la suite. Il préfère donc attendre et recevoir les poules à 17 semaines, prêtes à pondre.

L’Isa Brown est la race élevée cette année, ceci varie en fonction de l’approvisionnement. Ils renouvellent entre 2000 et 3000 poules/an sur les 6000 poules de la ferme.

Prédateurs

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Le chien de garde et les poules sur la pâture

Les prédateurs terriens et aériens n’ont pour l’instant pas été problématiques. Un chien de garde est néanmoins présent dans un lot ainsi que des oies chinoises dans l’autre lot. Le chien n’a pas été dressé pour ce rôle, il est donc difficile de déterminer si sa présence est efficace ou non.  Les oies sont normalement agressives et bruyantes à l’approche d’un intrus.

Alimentation

Ils comptent environ 0,27 lbs/poule/jour (0.135g/poule/jour) en moyenne pour toute l’année. En hiver ils sont plus à 0,35 lbs/poule/jour (0.175g/poule/jour). Le mélange est ajusté à plusieurs reprises tout au long du cycle de production pour garder des œufs de même calibre.

Le travail au quotidien

Le matin une première ronde, vers 9-10h, permet de s’assurer que tout se passe bien.

Les déplacements vers de l’herbe fraîche ont généralement lieu vers 12h. Grâce à un tracteur et un câble, les serres montées sur des glissières en forme de ski sont déplacées facilement.

La collecte des œufs a lieu vers 15h. Au même moment, les pondoirs sont condamnés pour éviter leur salissement par les animaux. Ils seront ré-ouverts le soir après 22h lorsque la lumière artificielle est éteinte et les poules « dorment ». Après le coucher du soleil les pondoirs sont réouverts par une personne. Le matin les poules pourront y pondre dès que le jour se lève. Un système automatique simple d’ouverture des pondoirs le soir est en réflexion. La nuit les poules sont généralement sous la serre amovible, cependant les déplacements entre l’extérieure et l’intérieure sont toujours possibles. Les filets amovibles électrifiés sont la seule protection de la nuit.

Le travail total est estimé à 3 heures/jour pour 3000 poules.  Certains jours demandent plus de travail que d’autres. Ce temps ne comprend pas le lavage des œufs.

Les clôtures sont déplacées tous les 2 ou 3 jours.
Les mangeoires et l’eau sont remplies deux fois par semaine.

Les oeufs sont lavés à deux reprises par semaine.

Des serres amovibles faites sur mesure

Les serres amovibles construites par la Seven Sons Farm constituent une sorte de révolution dans le monde de la poule pondeuse sur pâture. En effet, leur design permet une utilisation quotidienne qui allie les objectifs de base de cette production avec un gain de temps et d’efficacité sur de nombreux points.

Chaque bâtiment peut contenir environ 1000 poules pondeuses. L’hiver lorsque les mouvements de la serre sont moins importants, ils  mettent seulement 500 poules pondeuses par bâtiment. Ceci permet de donner aux animaux un peu plus d’espace dans la serre car ils se déplacent moins, la gestion sanitaire est aussi meilleure.

L’orientation de la serre n’est importante qu’en hiver. Afin de capter davantage de chaleur et de lumière par le côté, les cages sont disposées selon un axe est-ouest.

L’armature de la serre est soudée sur des « skis » : des tubes ronds galvanisés qui glissent sur le sol.

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Les glissières soudées sur l’armature de la serre

Chaque serre est composée de :

  • 20 nourrisseurs
  • 1 abreuvoir vertical pour 12 poules,
  • une unité de pondoir pour 45 poules pondeuses.

Tous ces éléments sont accrochés à l’armature de la serre et ne touchent pas le sol de sorte que seuls les skis soient en contact avec celui-ci.  Lors des déplacements de la serre tous ces éléments sont aussi déplacés. La charge de travail est donc minimisée et l’efficacité améliorée.

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L’intérieur de la serre

Les pondoirs permettent d’obtenir des œufs propres. Ils ont un sol qui est légèrement incliné ce qui fait que dès que la poule sort du pondoir, l’œuf roule vers un endroit non accessible pour elle. Le clapet de protection est simplement relevé lors de la récolte des œufs.

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Récolte des œufs, le clapet de protection s’ouvre pour accéder aux œufs lors du ramassage

Le système d’eau est assez simple. Grâce à la gravité l’eau circule vers les deux séries de pipettes de chaque côté de la serre. L’utilisation de pipettes verticales est privilégiée en période hors gel. Pendant l’hiver ces pipettes verticales gèlent à l’extrémité, où la boule d’eau se forme. Ils utilisent donc des pipettes horizontales pendant l’hiver dans lequel un flux d’eau constant circule.

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Les pipettes

Sur toute la serre un maximum de perchoirs ont été placés pour permettre une répartition homogène des poules et des déjections sous la serre.

Un système d’éclairage est ajouté aux serres. A l’aide d’un panneau solaire fixé sur le toit de la serre une batterie est rechargée. Un automate permet d’allumer la lumière le matin et le soir pour fournir 14 à 16 heures de « lumière » dans la journée. Les 4 à 5 ampoules sont fixées au centre de la serre.

Une bâche plastique est fixée sur le toit. Elle fournit 90% d’ombre.  Sur les côtés une bâche amovible permet la gestion de la circulation de l’air sous la serre.

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Ajustement du flux d’air à l’intérieur de la serre

La serre est facilement déplacée par leur tracteur de 40 chevaux. La puissance nécessaire n’est pas forcément très importante, il faut surtout de l’adhérence au sol pour pouvoir passer même dans des conditions humides.

Lavage des œufs

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Laveuse d’oeufs

Ils ont investi dernièrement dans une machine à laver les œufs. Cette machine permet de laver/calibrer/emballer entre 80 et 100 œufs/minute par 4 personnes. Cette machine achetée à 45 000 US$ auprès de la National Poultry Equipment permet de gagner en temps et main d’œuvre grâce à son débit important. Ils espèrent ainsi la rentabiliser en 2 ans avec une utilisation d’au minimum 10 ans. L’ancienne machine avait un coût de production de 0.30cts/douzaine d’œufs. La nouvelle est à environ 0.10 cts/douzaine d’œufs.

 http://www.nationalpoultryequipment.com/model_20csg.htm

Ils regrettent de n’avoir pas investi plus tôt dans cette machine. Même si la production d’œufs sur pâture est basé sur de la technologie simple et peu onéreuse, ils pensent qu’il ne faut surtout pas hésiter à investir dans ce type de machine. Elle permet de diminuer les coûts de production, d’être plus efficace, d’obtenir un produit propre et des lots d’œufs homogènes. Un gage de qualité difficile à garantir sans cette machine.

Vente

Les œufs sont vendus 3$ (3€) la douzaine aux grossistes et 4,75$ (4,75€) en vente en direct au consommateur.

Conclusion pour la production d’oeufs

Selon notre jeune éleveur, pour réussir en production d’œufs sur pâture il faut à tout prix penser à :

  • Avoir de la lumière pour fournir les besoins nécessaires de 14-16h de lumière quotidienne
  • Utiliser des poules hybrides pour avoir des taux de pontes réguliers et élevés  (90% de taux de ponte)
  • Investir dans du matériel de lavage efficace
  • Chercher à être efficace dans les tâches du quotidien (collecte, alimentation, rotation etc..)

Les frères de la Seven Sons Farm ont beaucoup réfléchit à l’amélioration de cette activité. Leur efficacité technique permet d’avoir un cheptel conséquent et de vendre à un prix rémunérateur grâce à un conditionnement et un marketing performants.

 

Bovins à l’herbe

Blake s’occupe des bovins. Il ne finit que des bovins à l’herbe car le manque de surface les force à produire des animaux qui peuvent espérer une forte valeur ajoutée. Les bovins proviennent de différents élevages. Il peut donc engraisser de la Black Angus, du Hereford, des croisements Angus X Hereford etc…

Le troupeau est déplacé au quotidien sur de nouveaux paddocks de prairies ou de couverts végétaux.

Sur les 150 bovins finis par an, aucun ne reçoit de concentrés. L’hiver, du foin de bonne qualité est donné aux animaux.

Le système est en cours d’évolution, notamment suite à un travail avec l’éleveur et conseiller en pâturage tournant, Jim Gerrish (je conseille de lire/écouter ses conférences et livres). Il souhaite notamment arrêter l’engraissement pendant l’hiver. En effet, l’engraissement a lieu toute l’année dans le but de répondre à la demande. Néanmoins, l’engraissement hivernal est coûteux. La ration à base de foin coûte plus cher à l’agriculteur que l’herbe pâturée.

A titre d’exemple, nourrir 4 bovins au foin pendant l’hiver coûte $300 tandis que le stockage en chambre froide de 4 bovins transformés ne coûte que $30. Il semble donc beaucoup plus rentable de terminer le maximum de bêtes à l’herbe lorsque celle-ci est disponible et d’abattre avant l’hiver. Le foin n’est quasiment plus nécessaire et le travail hivernal s’en trouve grandement facilité.

Blake suit la croissance de l’herbe de ses pâtures et répertorie sur des cartes de pâturage. Il peut ainsi prévoir à l’avance en fonction de la saison, l’évolution de sa rotation.

Le GMQ sur l’année est d’environ 2 lbs/jour (1kg/jour).

Blake n’aime pas parler de hauteur de pâturage. Selon lui, c’est plus le stade de la plante qui est important contrairement à la hauteur d’herbe pour suivre la production des prairies. En effet, une fétuque (épiant à 3 feuilles) et un ray grass (épiant à 2-3 feuilles) épient à des hauteurs d’herbe différentes.  Un fétuque peut faire 30 cm et être seulement au stade 3 feuilles et ne pas avoir épié alors qu’un ray grass peut faire 10 cm et épier. Le meilleur stade de la plante (équilibre énergie/protéine, teneur en fibre) est atteint selon lui, juste au moment de la dernière feuille pointante.  Il faut donc observer l’évolution de l’herbe dans chaque paddock et savoir reconnaitre correctement les flores. Le suivi du taux de sucre au refractomètre (degrés Brix) est un outil qu’il utilise pour affiner son évaluation de la maturité.

Des annuelles pâturées

Blake fait pâturer des parcelles d’annuelles pour augmenter le GMQ de ses animaux, et ainsi produire plus de kg viande/ha.

Pour pâturer de l’herbe de qualité en début d’année, des sur-semis de graminées annuelles (blé ou seigle) sont réalisés dans les pâtures pérennes d’été (mix de luzerne, trèfles, graminées estivales). Environ 21 jours de pâturage sont gagnés sur la saison grâce à ces semis.   Lors de notre visite, les bovins pâturaient du blé qui avait épié. Selon Blake, ce blé épié à environ 18-20% de protéine, a un très bon rapport en fibre et un très bon rapport énergie/protéine. Attendre pour avoir le meilleur ratio énergie/protéine, permet d’avoir de très bons GMQ car l’alimentation est équilibrée. Les graminées annuelles ont des taux largement supérieurs aux graminées pérennes d’hiver (18°Brix pour le blé et 11°B pour les graminées pérennes).

Il fait aussi pâturer du sorgho fourrager avec du cow peas (légumineuse ressemblant au soja) qu’il sème dans  des parcelles qui ont eu un couvert d’hiver pâturé. Ces parcelles ne reçoivent que des plantes annuelles. Elles sont intégrées dans des rotations avec les parcelles « sacrifiées » en hiver par le stockage des bovins ou porcins.

Dans leur rotation, les serres amovibles ne peuvent pas suivre le rythme de déplacement de bovins pour avoir un effet déparasitant significatif. Pour cela, ils utilisent une centaine de vielles poules pondeuses  des années précédentes .Une cabane a été placée sur une remorque pour que les poules aient une protection pour la nuit.   Elles sont placées sans filets dans les paddocks précédents. Ils ne donnent pas de nourriture. Elles sont donc forcées d’aller chercher des vers et insectes pour se nourrir. Ce petit troupeau suit à la même vitesse de rotation les bovins et a un effet positif sur la gestion des parasites. Une vidéo explicative de cette activité : https://www.youtube.com/watch?v=ZJAheGRp_Uo&list=PL8F3WxJA_ll8qtpVKWxVz9cy_y9WQAuaI

Conclusion bovins

Pour Blake, les éléments importants de la réussite et de la rentabilité de l’engraissement à l’herbe sont :

  • Eviter toute alimentation en foin pendant l’hiver. Dans l’idéal ne pas avoir du tout de bovins.
  •  Connaitre et suivre le GMQ de ses bovins au fil de la saison. Il faut peser les animaux (bascule) pour adapter la gestion du troupeau en fonction des évolutions.
  • Savoir identifier à quel stade se trouvent les graminées.

Porc dans les bois et sur prairie

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Porcs dans les bois

Blake engraisse aussi 400 porcs par an dans les bois et sur prairie. En instantané, il a environ 150 ou 250 porcs divisés en 3-4 groupes. Ces groupes ne seront pas mélangés jusqu’à leur finition. Tout mélange après l’arrivée des animaux sur la ferme causera de nombreux problèmes de gestion plus tard.

Il s’approvisionne sur 3 élevages en porcelets de 70 à 80 lbs (30 à 35 kg). Il les achète 80$ (80€). En 6 mois, il essaie d’atteindre 280-300 lbs (125-135 kg). Soit un GMQ de 0.55kg.

Les deux races généralement engraissées sont des Large Black et du Duroc. Il préfère engraisser du Duroc car ils produisent moins de gras, ce qui pour les clients est un critère important.

Les porcs sont toute l’année dehors. La majeure partie du temps dans les bois, et parfois dans les pâtures. Les animaux ont de meilleurs gains dans les bois. Cependant, introduire les cochons sur prairies permet de diversifier la pression animale sur la flore, qui se diversifie à son tour. Une flore diversifiée implique une meilleure résilience de la pâture face aux aléas.

Dans chaque paddock de 1 acre ( 0,41 ha) il met 56 cochons pendant une 1 semaine. Les parcelles sont clôturées avec deux fils électrifiés et des piquets temporaires. Il met moins de 15 minutes pour mettre en place un nouveau paddock.

Dans chaque paddock il y a un nourrisseur et 1 abreuvoir relié au système d’eau des bovins qui est enterré.  Dans les paddocks dans les bois il ne met pas de « cabane de protection », il le fait quand les animaux sont sur pâtures.

Les paddocks sont contrôlés deux fois par jour. Il peut ainsi s’assurer que les porcs ne s’échappent pas.

Alimentation

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Le mangeoire amovible

Les cochons sont déplacés une fois par semaine. Selon l’agriculteur, les changements hebdomadaires permettent d’économiser au total 15 % d’alimentation.

Blake change à 4 reprises le contenu en protéine de son alimentation non-OGM :

  • Porc de 100-150 lbs (45-70kg) : 16.5%  de protéines
  • Porc de  150-200 lbs (70–90kg) : 14% de protéines
  • Porc de 200-250 lbs  (90 -115) : 12% de protéines
  • Porc de  250-300lbs (115-135kg) : moins de 10% protéines

Il utilise entre 800-900 lbs (360- 400 kg) d’alimentation au total pour l’engraissement d’un porc. Le coût de l’alimentation est d’environ 100$ (100€).

Pour économiser de la main d’œuvre et de l’alimentation il a à plusieurs reprises mis des cochons  dans du maïs sur pied. Les porcs avait accès à la même alimentation qu’à l’accoutumé. Cette technique permet de réduire les coûts de production.

Le maïs a été conduit comme si c’était une culture de vente en bio. Il a été sursemé au dernier binage en ray grass. La parcelle était évidemment redivisée en paddock pour avoir un maximum de maïs consommé. Cette technique nécessite la présence des porcs à proximité des parcelles cultivées. Ce qui n’arrive pas chaque année.

Conclusion pour les porcs

Pour réussir en engraissement de porcs charcutiers plein-air, l’éleveur souligne plusieurs points :

  • Il faut acheter des porcelets en bonne santé. Un bon démarrage est le plus important. Il ne faut donc pas hésiter à payer un peu plus cher pour avoir de la bonne qualité.
  • Faire tourner les cochons sur de nouveaux paddocks offrant de la nourriture nouvelle.
  • Adapter la nourriture en fonction de l’âge des porcs

L’équipement pour élever les porcs est assez simple. La gestion avec précision des porcs dans les bois et sur les pâtures permet à l’agriculteur d’être très rentable.

Blake espère faire 25% de marge brute lors de la vente des porcs vivants à leur entreprise responsable de la commercialisation. Laquelle fait ensuite également 25% de marge lors de la vente en direct.  Les porcs sont donc très bien valorisés grâce à la technicité de Blake et au marketing de ses frères.

Vente et clientèle

Les 5 000 clients sont principalement des particuliers et des grossistes mais très peu de restaurateurs. Leur présence à proximité de grandes villes permet l’accès à une clientèle nombreuse. Les clients sont davantage des personnes éduquées qu’aisées, recherchant des valeurs, un autre mode de production et une certaine authenticité.

Depuis peu, ils ont commencé à développer la vente à domicile de la viande. Cette livraison est déléguée à une autre entreprise qui vient chercher les colis à la ferme.

Les ventes hebdomadaires se résument à 30 à 40 commandes livrées à domicile et 150 à 200 commandes livrées en point relais.

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Leur camion de livraison

Les œufs sont calibrés par taille et vendus par douzaine. La viande est vendue en grande partie en caissette de 36 lbs (16kg) qui contiennent un mix de différentes pièces de viandes. Plusieurs types de mélanges sont disponibles mais le client ne peut pas élaborer son propre mélange à la carte.

Le prix de la viande est d’environ 6-7$/lbs (12-14€/kg) en porc et 8,5$/lbs (17€/kg) en bovin. La livraison est d’environ 7,5$ (7,5€) quel que soit le poids du colis.  Ils espèrent dans le futur avoir assez de livraisons pour commencer à offrir des livraisons gratuites.

Les volumes produits aujourd’hui permettent d’aborder la grande distribution, notamment avec les œufs.

Les animaux ne sont pas abattus et découpés à la ferme. Cependant tout le stockage et la préparation des livraisons à lieu dans le nouveau bâtiment qu’ils finissent de construire. Ils pourront ainsi stocker la viande dans différentes chambres froides et préparer les commandes chaque semaine.

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Une partie du nouveau bâtiment de préparation des commandes

Bilan stratégique et marketing

Concentrer la valeur ajoutée

L’efficacité du système réside dans l’extériorisation de toute étape de la production qui ne produit pas/peu de valeur ajoutée. Reproduction, naissance et engraissement des poules comme des bovins ou des porcins sont délégués à d’autres agriculteurs de sorte que chaque animal présent sur l’exploitation est un animal prêt à être engraissé et/ou en production. Outre la réduction des besoins en bâtiments et matériels, ce fonctionnement permet aux 7 frères de concentrer la valeur ajoutée dans leur exploitation et de se recentrer sur ce qu’ils savent faire (engraisser et vendre). L’exploitation a su conserver une multitude de petits ateliers pour conserver le caractère traditionnel de la production mais qui permet également de produire, par addition, des volumes assez importants pour aujourd’hui commencer à négocier avec les grandes surfaces.

Le marketing, très important dans la stratégie de la ferme

Le marketing est probablement la partie la plus déterminante dans la réussite de l’entreprise et à ce titre, malgré l’importance en volume de la production, elle concentre quasi 50% de la force de travail de la structure. Le but étant de mettre en avant le mode de production inédit de la ferme (sur pâture, sans antibiotiques ni OGM) ainsi que de raconter très régulièrement l’aventure des exploitants. Page Facebook, chaine Youtube, mailing et site internet assurent une présence quotidienne et une transparence sur les produits. Des vidéos/reportages sont régulièrement postés sur un ton décontracté et tout public. Le packaging, le logo, le site internet et même les camions de livraison sont très reconnaissables par leur référence constante au pâturage et à l’authenticité auxquels leurs clients sont très sensibles.

Raisonner l’endettement

La simplicité des infrastructures et équipements de production ne laisse pas indifférents lors de la visite de cette exploitation. Tous les animaux sont en extérieurs et ce malgré une moyenne basse de -7.2°C en janvier et d’une moyenne haute de 1.9°C. Le 100% pâture limite énormément les besoins en matériels (ex : fenaison, transport, stockage et distribution) de sorte que seuls quelques tracteurs de faible puissance suffisent à réaliser les quelques travaux quotidiens. L’investissement de départ est faible, c’est tout le génie des 7 frères qui ont pu alors se concentrer davantage sur la vente. L’innovation la plus emblématique de ce mode de pensé réside dans la conception des logements des pondeuses qui revient à environ 12 000 $ pour 1 000 places (structure + pondoirs) sachant que les éléments sont facilement réparables.

L’efficacité à tous les niveaux

L’efficacité est aussi le maître mot dans la partie transformation et vente. De grands entrepôts facilitent la constitution des commandes, une laveuse/trieuse d’œufs a permis d’accélérer considérablement cette tâche coûteuse en temps et personnel. L’accroissement de la capacité de transformation et de vente permet de tabler sur une stratégie de volume qui accroît la profitabilité de l’ensemble de la structure. La prise de commande se fait uniquement par internet, le client est ensuite automatiquement attribué à un point relais avec la date et l’heure de livraison. Les coûts sont drastiquement réduits car une livraison est constituée de 3 à 4 point relais qui représentent à chaque fois 25 personnes en moyenne. Ce système dit de « buying club » couplé à la vente en caisse de minimum 10kg permet de déplacer des camions avec un maximum de marchandise. Dans la même logique de baisse des coûts, la vente directe sur la ferme se fait sur un système de libre-service basé sur la confiance, le client se sert dans des frigos et laisse la somme dans une urne prévue à cet effet.

Le responsable marketing résume son approche par trois points :

  • Visibilité : grâce aux moyens décrits précédemment
  • Accessibilité : par un maillage de plus en plus dense rendu rentable par les « buying club »
  • Disponibilité : toute l’année les produits sont disponibles grâce à l’accroissement des capacités de stockage

Absorber la concurrence

Vis-à-vis de la concurrence, la stratégie réside dans la constitution de partenariat avec ces derniers ce qui permet de mutualiser la force de vente tout en élargissant la gamme proposée aux consommateurs. Ceci est possible par une différenciation réfléchie entre chaque partenaire, l’un se concentre sur la production de poulets de chair sur pâtures, et non d’œufs, l’autre sur des dindes … La gamme référencée sur le site de la Seven Sons Farm est ainsi très large.

La grande distribution devient néanmoins un concurrent grandissant, notamment par le développement des gammes bio.

Une équipe de 4 personnes à plein temps travaille uniquement sur la vente des produits de la ferme. L’importance apportée à la vente des produits de la ferme permet une bonne valorisation des produits. Les 150 bovins finis à l’herbe, 400 porcs et les œufs des 6000 poules pondeuses sont entièrement vendus grâce à cette équipe.

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Yann Janin & Sylvain Cournet

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