Jason Mauck – Du soja en culture relais dans du blé

Jason Mauck finit plusieurs dizaines de milliers de porcs par an. Il fait aussi du Maïs, Soja, Blé sur sa ferme dans l’Indiana.

L’abondance  en lisier permet de baser son système de grande culture autour de ce type de fertilisant. Jason réfléchit énormément sur l’optimisation du l’utilisation de  cette ressource. Depuis trois ans il réfléchit à une utilisation maximale de ses parcelles en combinant des blés d’hiver à haut rendement avec une culture relais de soja. Soit deux récoltes en un an.

Blé : maximiser la photosynthèse

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L’effet buissonnant sur le blé est recherché pour optimiser la photosynthèse du blé…mais aussi du soja

Dans sa parcelle expérimentale,  il a d’abord appliqué 6000 gallons/acre (68 mètre cubes/ha) de lisier et des pellets de chaux. En suivant, il réalise un léger travail du sol et implante  au semoir à céréales son blé.

Pour pouvoir laisser de la lumière au soja au printemps il a bouché une partie des descentes du semoir de blé. Il sème 2 rangs à 7.5’’ (19 cm) puis bouche 4 descentes soit un espacement de  30’’ (76.2cm) puis semés 2 rangs et ainsi de suite. Le nombre de grain/m² a été réduit.

A la même période de semis Il a semé à la volée en plein du radis fourrager. Ce radis sera sera détruit par le gel pendant l’hiver.

L’espace libéré permet un tallage maximal du blé pouvant atteindre 60 talles/pied. Un régulateur est utilisé pour former des talles plus droites et résistantes. Ceci permet aussi de laisser plus de lumière au futur soja.

La photosynthèse est également favorisée par rapport au semis à 7.5’’, car dans ce cas la plante ne capte pas seulement la lumière par le dessus du rang mais également par les côtés. La forme arrondie des rangs présente en effet une surface d’absorption plus grande qu’un semis conventionnel.

La compétition au sein du peuplement est plus faible et la présence du lisier accélère le développement de la culture dès l’automne. Pour ne pas que cette dernière n’atteigne un stade trop avancé avant les premiers froids, le semis est plus tardif qu’à l’ordinaire.

L’air circule davantage dans les rangs, la culture est plus saine selon Jason.

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Le radis et le blé en entrée d’hiver (photo : Jason-Mauck)

Implantation du soja dans le blé

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Le soja est semé à la perpendiculaire des rangs de blé

Afin de couvrir l’entre-rang, un soja a été semé à 15’’ (38 cm) perpendiculairement au rang de blé. L’objectif étant de limiter les zones de compaction en ne repassant pas sur les traces du semis de blé. Cette étape n’impacte que très faiblement le blé qui s’est relevé par la suite. Début mai, les passages de roues n’étaient quasiment plus visibles.

Le semis de soja doit donc se faire plus tôt qu’une implantation normale, de sorte que le blé ne soit pas endommagé par le passage des machines. Le semis précoce donne aussi une chance au soja pour qu’il se développe plutôt avant que le blé devienne très agressif. Alors que les semis étaient en cours dans la région, le soja était déjà au stade 2/3 feuilles début mai ce qui lui permet de rester compétitif.

Seules les plantes de soja situées au centre de l’inter-rang sont viables, ce qui représente une perte non négligeable de grain. Cependant, avec la fertilisation apportée et l’effet buissonnant du soja, il espère que la plante compense en rendement.

Des rendements espérés au-dessus de sa moyenne de ferme en blé (100 bu/acre (6.7T/ha) en blé et 50bu/acre (3,3T/ha) pour le soja associé) et des coûts d’implantation passés de 275$ (275€) à 150$  (150€)font espérer à Jason une marge de $1000/acre (soit 2000€/ha).

Conclusion

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Le blé en interseeding (à droite) est plus sain que le blé semé à espacement normal (à gauche)

Jason est plein d’idées et d’énergie qui le conduisent à mener différentes expérimentations pour mettre à profit les ressources de son exploitation dans une rotation blé/maïs/soja.

L’essai décrit ci-dessus démontre pour lui l’importance de l’espacement entre plantes sur la vigueur, le développement et in fine le rendement de la culture. Il est convaincu qu’il est possible de gagner en rentabilité en jouant sur la densité de semis et nombre de talles par plantes et la réalisation d’une double culture en optimisant l’utilisation de la lumière.

Le système n’en est qu’à ses balbutiements mais Jason Mauck est très satisfait de cette nouvelle piste de recherche. Il compte apporter de nombreuses améliorations via notamment un meilleur contrôle des déplacements des engins sur la parcelle (control trafic farming) ou encore l’exploration de nouvelles variétés plus adaptées à ce type de conduite.

Jason Mauck est très présent sur twitter, vous pouvez le suivre l’évolution de la culture sur @jasonmauck1

Affaire à suivre !

Dale Strickler – Pâturage tournant et utilisation de graminées estivales à fort potentiel

Dale Strickler est un double actif,  il est plein temps commercial de semences de couverts et  gère en parallèle un troupeau de Black Angus dans le nord du Kansas. Ses 60 vaches sont déplacées au quotidien et toute l’année sur de nouveaux paddocks sur les 150 acres (60ha) de pâtures  et de couverts végétaux. Tous les veaux sont vendus après le sevrage. Il estime à 15-20 minutes de travail par jour. Éventuellement, le week-end il travaille plus lorsqu’il doit semer les couverts ou dérouler du foin.

Dale a limité ses investissements. Sur ses terres il a investi dans des clôtures électrifiées, un tracteur, un semoir direct et un pulvérisateur (reconditionné après une récupération en décharge).  Les animaux sont dehors toute l’année, il n’a pas de bâtiments pour son troupeau.

C’est un système  très limité en investissement mais très intense en gestion.

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Le troupeau dans un prairie d’automne/printemps composée de brômes, fétuques, trèfles etc…

 

 

Gama Grass

Dale est passionné par une de ses graminées estivales : Eastern Gama grass  (Tripsacum dactyloides). Cette plante est une graminée estivale, originaire des États-Unis. C’est une graminée estivale pérenne en C4.

Dans ses parcelles, l’agriculteur espère des productions de biomasse d’environ  16 000lbs MS/acre (16T MS/ha). Comme toute graminée estivale en C4, la plante possède une grande quantité d’énergie  et de fibre dans ses feuilles. Il y a environ 12-14% de protéines.

En mélange prairial, l’agriculteur espère des GMQ qui peuvent atteindre les 3lbs/jour/tête soit 1,5kg de viande/jour/tête. La Gamma Grass est mélangée  avec différents trèfles (T incarnat, T blanc, T Landino etc..),  de la luzerne, de la chicorée et un peu de plantain à certains endroits.

Le système racinaire de cette graminée estivale est très intéressant. Dans les zones compactées et anaérobiques la plante réussit à se développer. En effet, par le biais de canaux spécifiques les racines apportent elles même l’oxygène nécessaire au développement de la racine.  Dans ses parcelles Dale avait beaucoup de semelles de travail du sol, aujourd’hui il a des systèmes racinaires très denses jusqu’à 3 m de profondeur. La nappe d’eau est à ce niveau.
C’est une plante qui reste verte tout l’été, elle est très tolérante aux sécheresses.  Lors de l’installation de ce type de mélange, il avait installé un système d’irrigation souterrain. Il ne la cependant jamais utilisé, même lors des grands épisodes de sécheresse.

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La graminée Eastern Gama Grass et son système racinaire très dense

 

 

Cette plante fait essentiellement sa production de biomasse en mai, juin, juillet.

Concernant le type de pâturage, Dale aime faire pâturer seulement le premier tiers de la plante, pour prendre seulement la qualité et laisser assez de réserve pour qu’elle puisse repartir. L’énergie pour la repousse est située dans le dernier tiers de la plante, donc il faut faire attention à ne pas la sur-pâturer.

Dans les mélanges ou les légumineuses sont présentes, il ne fait pas d’apports de fertilisants.

L’installation de cette graminée prend une année. A l’automne il sème la graminée dans un mélange avec des graminées annuelles d’hiver (seigle, triticale, orge..).  Le gel ou les températures froides sur des périodes prolongées sont nécessaires pour réveiller la dormance des graines. Au printemps, lorsque que la Gama grass fait ses premières feuilles, il fauche le couvert. Puis sème un maïs en direct pour récolter le grain. La prairie s’installe lentement à l’ombre du maïs.

La plante met du temps à s’installer et tolère bien l’ombre. La production de maïs en même temps permet d’avoir un revenu la première année d’installation.

Le coût de la semence est supérieure à 100$/acre (>200€/ha)

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Les graminées pérennes (Eastern Gama Grass) font 60 cm de haut sur la photo. Les légumineuses et la chicorée viennent compléter ce mélange riche.

 

 

Couverts pâturés

Les bovins ont accès à des couverts  végétaux d’interculture pour leur alimentation.

Pour l’automne, l’éleveur loue 20$/acre (40$/ha) des terres de son voisin qui y fait pousser du maïs ou soja. Après la moisson, Dale sème un couvert de graminées annuelles qu’il pâturera une à deux reprises à l’automne et une à deux fois au printemps.

Le pâturage d’automne de couverts  (Octobre à Décembre) lui permet de faire  en parallèle des stocks sur pieds d’herbe sur les prairies de plantes pérennes d’hiver (fétuques, brôme, trèfles etc…).  Ce stock sur pied sera pâturé à partir du mois de janvier.

Dans le pâturage de couverts de seigle l’énergie est un élément manquant.  La quantité trop importante de protéine ne permet pas d’équilibrer la ration. Pour pallier à ce manque Dale rajoute de ray grass annuel.  En effet c’est la graminée annuelle qui a la plus grande quantité de sucres dans ses tissus. Le pâturage des couverts est alors plus bénéfique pour les bovins.

Dans certaines parcelles qu’il possède, il utilise uniquement des couverts d’annuelles.  Dans les parcelles avec seulement des couverts d’annuelles il fait 6 rotations/an ( 2 rotations au printemps, 2 rotations l’été, 2 rotations l’automne). Dans les  parcelles avec des prairies permanentes il ne fait que 4 rotations.

En hiver, il fait le mélange Seigle+ Ray Grass annuel. Ce couvert est détruit au glyphosate puis semé en direct avec une graminée estivale annuelle qui sera aussi pâturée. Il sème au semoir à céréale soit du sorgho sudan, soit un mélange de Crab Grass + Maïs population BMR.
Le maïs population est choisi car il coûte moins cher en semence. Le gène BMR permet d’avoir un maïs  avec moins de fibre donc plus facilement digestible pour le bovin. La Crab Grass est une graminée annuelle utilisée pour combler les trous et récolter toute la lumière disponible. Elle a un plus de protéine dans ses feuilles. Le sorgho et le maïs sont des plantes avec beaucoup d’énergie et de fibre dans les feuilles.
Un apport d’azote est fait dès que nécessaire après le semis du maïs. Il n’utilise pas de fertilisants starter. Ce mélange est pâturé dès que le maïs commence à fleurir.

Le maïs ou le sorgho sont pâturés un jour sur deux alternés avec de la luzerne.

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Le maïs population BMR associé avec la graminée “Crab Grass” semés dans un couvert de seigle + ray gras annuel détruit au glyphosate avant semis

L’hiver

Même si l’agriculteur est double actif, il déplace tout de même au quotidien ses bovins sur de nouveaux paddocks. Les années précédentes il a été capable de pâturer plus de 330 jours/an.
Cependant, il réutilise de plus en plus de foin. En effet, l’agriculteur utilise le foin comme un outil de gestion de croissance de l’herbe et de fertilité des parcelles.

Il utilise du foin pour gérer les périodes de transition d’automne et d’été. Ceci permet à  certains paddocks d’avoir de plus longues périodes de repos, et ainsi d’avoir de meilleures biomasses aériennes et racinaires.
Le foin est aussi utilisé comme un fertilisant. En déroulant la balle dans des paddocks pauvres il rajoute du carbone au système sol et répartit au mieux les déjections des bovins, tout en limitant le tassement du sol.  Dans ces périodes il continue de bouger ses animaux au quotidien, sur de nouvelles balles. Comme il a un autre travail à plein temps, il déroule le foin le samedi pour toute la semaine suivante.
L’agriculteur achète tout son foin à un autre agriculteur aux alentours de 30€ la balle de 500kg environ.

Dans son système le foin n’est donc pas une alimentation majeure pour l’hiver, mais plus un outil de réglage de rotation. L’agriculteur qualifie le foin comme « un outil de gestion ».

Conclusion

Dale Strickler déplace ses bovins sur de nouveaux paddocks au quotidien, toute l’année même si il a un autre travail à plein temps.
La diversification des sources de pâturage est nécessaire pour pouvoir pâturer toute l’année. Il a ajouté différents types de pâtures à sa source principale de prairies permanentes d’automne/printemps. En effet, il a ajouté des parcelles basées sur des graminées pérennes estivales en C4  comme Eastern Gama Grass ou des plantes annuelles comme le maïs population BMR ou le sorgho sudan.

Dale a construit un système qui permet d’utiliser différentes ressources fourragères de qualité toute l’année. La gestion et l’anticipation de la pousse des fourrages est la clef de la réussite dans ce système.

 

Luke Linnenbringer – Bovin viande en pâturage tournant, semis direct sur couvert et poules pondeuse sur pâture

Luke Linnenbringer est un éleveur- céréalier. Le troupeau de 150 vaches à viande est mené en pâturage tournant toute l’année sur prairie ou sur couverts végétaux. Tous les animaux sont finis au grain sur la ferme.  Il fait du semis direct sous couvert de soja, maïs et blé.  Quelques poules pondeuses sont déplacées quotidiennement sur pâture.

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Luke dans un couvert qui a été pâturé en avril. Le couvert va être roulé et semé en même temps en maïs ou soja. La vesce est à pleine floraison et le seigle commence le remplissage des grains.

Bovin viande

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Les vaches et les veaux avant le changement de paddock

Lors de ma visite à la fin mai, le troupeau de 150 vaches suitées sur des paddocks est déplacé quotidiennement sur de nouveaux paddocks de 3 acres. La délimitation est faite au quotidien avec du fil polywire.

La génétique du troupeau est majoritairement composée de Black Angus, Red Angus, Hereford  et de la génétique de l’entreprise américaine Pharo  (http://www.pharocattle.com/).

Cet hiver Luke a utilisé seulement 20 bottes de foin, certaines années il n’a pas besoin d’utiliser de foin. Luke achète tout son foin. Pour arriver à ce résultat il fait des stocks sur pieds (stockpile) d’herbe. Ce processus de création de stock sur pied démarre dès le début des pousses au printemps par la gestion de l’herbe et des résiduels en sortie de paddock.

Il fait pâturer les couverts végétaux de ses intercultures de début août jusqu’au 10 octobre.  La qualité fourragère des couverts végétaux stimule les vaches (flush) qui vont être mises au taureau en même temps.

Pâturer les couverts lui permet d’agrandir sa surface pâturable pour l’hiver en laissant certaines prairies créer les stocks sur pieds pour plus tard.

Tous les vêlages ont lieu au printemps.

Après quelques années de tâtonnement, il a décidé d’augmenter ses résiduels en sortie de paddock pour mieux affronter les périodes de sécheresse. A présent l’idée est de faire pâturer seulement le premier tiers des plantes pour leur fournir une alimentation de qualité au quotidien. Selon lui, avoir plus de résiduels permet d’avoir des repousses plus importantes en été. De plus les résidus  au sol sont plus importants, l’infiltration est meilleure et il y a moins d’évaporation. Selon lui, il est plus efficace car il obtient une pousse d’herbe tout au long de l’année. Il est ainsi passé de 2 acres à 3 acres (0.8-1.2ha) pour ses 150 vaches.

Les broutards sont conduit à la pâture jusqu’à 700-900 lbs (350-450kg) puis il les finit dans son feed lot. Il finit ses bovins en moins de 24 mois pour un poids vif de 1100 lbs (550kg).

Pâturage des couverts

Les bovins pâturent des couverts d’été. Ces couverts sont soit intégrés dans la rotation des cultures (après moisson du blé), ou sur des parcelles qui sont uniquement semées en couverts pour le pâturage.

Les mélanges de couverts d’été pâturés  possèdent entre autre du maïs et du soja. Il produit environ 1000 à 1200 lbs de viande/acre de (1000 à 1200kg de viande/ha) en 60 jours de pâturage. A contrario sur une pâture il estime des gains de 500lbs de viande/acre (500kg de viande/ha).

La différence de gain entre une prairie et un couvert est de 700lbs de viande/acre (700kg de viande/ha). Selon l’éleveur, en feed lot il lui faut 0,5$ d’aliment pour faire 1 lbs de viande (1€ d’aliment pour 1 kg de viande).

Économiquement, la différence à l’hectare est la suivante :  700*0.5 = 350$/acre  (700€/ha) de gain de viande.

Le coût d’implantation du couvert (100$acre  soit 200€/ha) et du terrain (150$/acre soit 300€/ha) est de 100+150 = 250 $/acre (500€/ha).

Avec ce calcul fait sur le quad avec l’éleveur, il estime gagner environ 350-250 = 100$/acre (200€/ha) en plus grâce au pâturage de couverts d’été en comparant à un système sur pâture.

Le pâturage de couverts d’été est donc une pratique gagnant selon l’agriculteur. Cependant, ce système est plus risqué car le semis peut être loupé et demande plus de gestion contrairement à une prairie déjà installée.

Certaines parcelles sont essentiellement des enchainements de couverts d’hiver et d’été. Dans ce cas, il ne détruit jamais chimiquement le couvert lors du semis du nouveau mélange.

Les parcelles de couverts de graminées d’hiver sont souvent déséquilibrées dans leur ration Énergie/Protéine. En effet, les couverts ont souvent trop de protéines. Il apporte donc de temps en temps de l’énergie (maïs ou foin).

Taille des paddocks en temps réel grâce à son téléphone

Luke utilise sur son Iphone une application  pour connaître au champ la taille exacte des paddocks qu’il est en train d’utiliser. L’application « PlanImeter » utilise le GPS du téléphone mais n’a pas besoin d’internet dans la parcelle.  Lorsqu’il roule dans une prairie avec son véhicule utilitaire l’application lui donne en temps réel la taille actuelle  du paddock qu’il est en train de faire.
C’est un outil très simple à utiliser et instantané.

Cultures

Sur la ferme, maïs soja et blé sont produits en semis direct sous couvert depuis 7 ans.

Maïs

Le maïs est généralement semé dans un couvert de seigle ou de seigle/vesce.
Il ajoute dans la ligne de semis 3 gallons/acre de SP-1 (activateur biologique : http://agrienergy.net/wp-content/uploads/2013/10/Label-13-SP-1-051612.pdf) avec 2gallons/acre 21-1-4

En même temps en fertilisation liquide 2X2 (5cm à côté de la graine et 5 cm en dessous du niveau de la graine) il rajoute 20 gallons/acre (180L/ha) d’urée et du  Potassium Thiosulfate + Ammonium Thiosulfate et de la Mélasse.

Il reviendra plus tard pour faire un apport d’urée en solide à l’épandeur d’engrais.

Rouleau faca sur le semoir

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Le rouleau faca fixé sur la poutre des éléments fertilisants 2X2

Luke vient tout juste d’installer un rouleau faca sur la poutre de son semoir.

Le but est d’éviter un passage en roulant le couvert en même temps que le semis de la culture. Pour l’instant, le couvert sera tout de même détruit avec de la chimie.

Sur son semoir Max Ermerge 2 Luke n’utilise pas de chasse débris ou de disque ouvreurs. Ces options sont inutiles et déplacent trop de terre selon le SDiste.

Poules pondeuses en rotation sur pâture

Un atelier de quelques centaines de poules pondeuses est présent sur la ferme. Deux lots de poules sont sur la ferme. Un lot pour la production d’œufs, et un autre lot pour le déparasitage des parcelles.

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Lot de poules pondeuse produisant les oeufs. La remorque est déplacée au quotidien.

Cet atelier permet au jeune agriculteur d’avoir une rentrée d’argent régulièrement et ainsi gérer avec plus de flexibilité les finances de l’exploitation.
Il livre ses œufs une fois par semaine à ses clients avec ses colis de viande.
Sur des remorques aménagées il déplace tous les matins les poules vers de nouvelles parcelles. Son quad déplace facilement la remorque la majeure partie du temps (si vraiment humide : utilise tracteur)
La remorque possède entre autre une porte qui s’ouvre et se ferme automatiquement pour que les poules soient protégées des prédateurs la nuit.  Les abreuvoirs et les mangeoires sont à l’intérieur de la remorque. Les pondoirs ont un système à œufs propres grâce à une légère inclinaison de sol du pondoir. Une lumière à l’intérieur de la cabane permet aux poules d’avoir les 14-16h de lumière quotidiens. Cette lumière est reliée à une batterie qui est chargée par un panneau solaire.

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L’intérieur de la remorque/cabane

La ration a été établie par l’entreprise Fertrell. Cette entreprise est très connue dans la production de volailles sur pâtures. Elle est composée de : Maïs (45%), Soja extrudé (25%), Avoine (15%), Calcium (8.75%), mélange de minéraux de Fertrell( 3%), coquille d’huitres (2.5%).

Le deuxième lot de poules en deuxième rotation de ponte suit le troupeau de vaches à quelques jours d’intervalles. A quelques jours d’intervalles les poules sont dans le même paddock que les vaches. Elles sont libres et vont aller chercher les insectes et vers dans les déjections des animaux passés précédemment. La pression en parasites des bovins est ainsi diminuée. Quelques œufs sont produits par les poules. Le système fonctionne bien selon l’éleveur

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Les vaches prêtes à changer de paddock et le lot de poules pondeuses déparasitantes

Les deux lots de poules pondeuses n’ont pas de filets de protection pour délimiter leur paddock et pour les protéger des prédateurs terriens. A chaque cabane un chien attaché à une chaine sert à protéger les poules. Cependant cela n’est pas suffisant, les prédateurs prennent beaucoup de poules. Luke avoue que les pertes sont assez conséquentes mais il ne souhaite pas déplacer au quotidien les filets de protection. Donc il est obligé de faire avec.

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Une bouse de vache qui a été “déparasitée” par les poules

Conclusion

Le pâturage tournant et le semis direct fonctionnent très bien sur la ferme de Luke. La combinaison de ces deux ateliers permet à l’éleveur d’améliorer sa rentabilité et d’aller plus vite et plus loin dans sa démarche agronomique.

Selon l’éleveur céréalier pour réussir au quotidien:

  •  Il n’a pas peur de faire des erreurs. Il préfère apprendre en essayant plutôt que ne pas essayer du tout
  • Il pâture des annuels. Le retour sur investissement est intéressant  et très rapide
  • Il réalise des déplacements au quotidien de tous les animaux sur de nouveaux paddocks

 

Mickaël Thompson – La gestion de l’eau et des coûts de production sont clef dans un environnement rude

Michael est situé dans région à faible pluviométrie («  Dryland ») au nord du Kansas à la frontière du Nebraska. Sur des sols limoneux considérés comme très dégradés il fait des cultures en semis direct sur couvert sur environ 2700 acres(1100ha) et possède environ 2000 acres (800ha) de pâtures. Il possède un troupeau de 200 mères de plusieurs races anglaises (Black angus, Red Angus, British White…). Ses animaux évoluent sur ses pâtures et ses couverts végétaux.

La gestion de l’eau est l’élément clef pour la réussite de la ferme. Les pratiques adoptées et adaptées au fils des années montrent des résultats très concluants.

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Michael dans son blé

L’importance du sol dans les Drylands (région à faible pluviométrie)

La pluviométrie annuelle est d’environ 22 inch (558mm)/an. Les pluies ont généralement lieu en  Avril, Mai, Juin et en Septembre. Les premiers gels peuvent arriver à la fin octobre.

La gestion de l’eau et de l’humidité des sols est primordiale. Le challenge au quotidien est de pouvoir infiltrer chaque millimètre de pluie et de pouvoir la stocker pour une utilisation ultérieure par la culture.

Produire des cultures et pâturer dans ces conditions demandent une gestion précise de l’environnement. Selon Michael, chaque  millimètre d’eau doit être transformé en dollars. Ils ne peuvent pas se permettre de gaspiller cette ressource.

Les sols agricoles sont  en majorité limoneux. Les sols sont considérés comme extrêmement dégradés. Lorsque le semis direct a démarré sur la ferme les sols avaient moins de 1% de matière organique. Aujourd’hui, après 20 dans de semis direct et un peu moins de 10 ans d’utilisation de couverts d’intercultures, pâturés ou non, ils arrivent à un peu moins de 2% de MO.

Le semis direct n’était pas suffisant. Il permettait seulement de conserver un ressource –son sol- trop dégradé. Ce n’était pas suffisant. Lorsqu’il a commencé à utiliser les couverts végétaux et par la même occasion à les faire pâturer un grand changement  à lieu. Il est passé de la conservation d’une ressource dégradée (son sol) à la régénération de ses sols. Il reconstruit ses sols. Les taux de matières organiques augmentent. Les cultures sont plus saines et vigoureuses.
Aujourd’hui il peut se permettre d’être économiquement plus rentable tout en utilisant moins d’intrants. Une philosophie primordiale pour Michael lorsque le plus grand facteur limitant (pluie) est imprévisible.

Semis direct

L’agriculteur produit deux cultures sur sa ferme, du blé et du maïs. Le soja n’est pas rentable car les rendements ne sont pas toujours bons à cause du manque de pluie en fin de cycle. Le sorgho grain ou le millet ont des rendements pratiquement équivalents mais ils sont toujours moins chers à la vente. Les génétiques actuelles en maïs pour des régions à faible pluviométrie  sont plutôt bonnes et fiables selon l’agriculteur.

La rotation typique est la suivante : Blé – couvert été – Maïs – Couvert d’hiver si humidité suffisante –  Maïs – Couvert de printemps- destruction du couvert en juillet pour gérer l’eau avant le retour du blé/ suivant les choix et les parcelles il remettra la parcelle en rotation avec le blé ou fera une ou deux saisons de couverts pâturés.

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Même parcelle, itinéraire technique du blé identique, deux rendements en blé différents. A gauche : précédent couvert de printemps pâturé + couvert d’été pâturé à deux reprises. A droite : couvert de printemps pâturé détruit chimiquement en juillet, pas de couverts d’été. La gestion de l’eau dans ce contexte pédoclimatique très singulier est à anticiper en avance

Le rendement espéré en blé est de 50bu/acre(3.1T/ha). La seule fertilisation est faite avant le semis en incorporation dans le sol de 50 UN d’azote 28%. Il ne fait généralement pas d’apports au printemps.
Le seule herbicide est fait avant le semis. Il fait généralement un glyphosate. Il ne fait pas de fongicides.

Pour toutes ses cultures il essaie de limiter l’utilisation de produits phytosanitaires, pour limiter ses coûts de production et surtout pour essayer de favoriser au maximum la vie du sol pour sa culture.  Il ne fait plus de fongicides ou d’insecticide sur sa ferme.

Pour le maïs il sème à 30inch (76 cm) d’écartement avec son semoir direct case IH 1230. Cette année il a semé à 2-2.25 inch (5 à 6 cm) de profondeur  car l’humidité du sol était très satisfaisante. Certaines années, il peut semer plus profond  lorsqu’il n’y a pas assez d’humidité.

Les rendements espérés sont de 100 à 120 bu/acre (6,2 à 7,5 T/ha).

La fertilisation azotée liquide est appliqué au-dessus de la ligne de semis. Il met 70U N (32% -UAN) mélangées à 10U N de soufre. C’est la seule fertilisation qu’il fait en temps normal. Si la pluviométrie de l’année et très bonne il peut envisager de faire un deuxième apport.

Il ne fait pas d’apports de micro-fertilisants comme du zinc ou du manganèse. Les couverts de printemps ou d’été sont des plantes à pivots (radis, tournesol etc..), elles sont censées aller chercher ces nutriments en profondeur et les remettre en jeu dans  le sol.

Le Haney test (test sur la biologie du sol) est utilisé pour évaluer les restitutions en N de ses couverts, des résidus de cultures et de la minéralisation du sol. Même si cette technique est controversée, il aime utiliser cet outil pour mieux gérer ses parcelles.

L’efficacité d’utilisation de l’azote est de 0.5 à 0.7 U N /bu de maïs. C’est un très bon résultat. Ses voisins qui travaillent encore le sol sont aux alentours de 1 à 1.25 U N /bu.

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Maïs sur maïs. Un couvert n’a pas pu être semé car il n’y avait pas d’humidité dans le sol au moment de la récolte

Couvert végétaux

Michael utilise depuis pratiquement 10 ans des couverts végétaux d’interculture qui seront pâturés ou non.
Pour l’agriculteur les couverts ont été l’élément majeur de la réussite dans son environnement difficile. Il a réussi à avoir plus de résidus au sol pour garder l’humidité et construire des sols.

Il investit au maximum 15 à 20$/acre  (30 à 40$/ha) dans la semence de ses couverts. Ce sont principalement des mélanges. Il ne veut pas dépenser trop d’argent dans la semence car leur réussite est très dépendante de l’eau qu’il aura. Le faible pourcentage de légumineuses dans ses mélanges permet d’abaisser le coût final.

Pour les couverts de printemps après un maïs et avant un blé il sème : avoine, orge, lin, pois, navet, radis. Ce couvert est généralement pâturé en juin – juillet. Ce couvert est détruit en juillet pour commencer à stocker de l’eau pour le futur blé qui sera semé en septembre-octobre.

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Couvert de printemps, un mélange qui sera pâturé le lendemain de la photo (début juin)
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Vue générale du couvert de printemps

Les couverts d’été après un blé et avant un maïs sont composés de : cow pea (type de soja à cycle long), mung bean (soja vert), Sorgho Sudan, Millet, Radis, Navet, Tournesol. Selon les années et les conditions Il peut être éventuellement semé après un couvert de printemps.

Pâturage

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Le troupeau sur la prairie de vêlage

Le troupeau de 200 vaches pour la vente de veaux sevrés est un élément clef du système.

L’utilisation de bovins dans les parcelles a permis de développer une meilleure vie biologique dans ses sols. Michael a surtout observé au fils des années des plantes plus saines et vigoureuses. C’est selon lui grâce à une meilleure nutrition de la plante.

En juin-juillet les couverts de printemps sont pâturés. Puis les animaux sont transférés sur les couverts d’été. Dans les couverts d’été, les broutards peuvent avoir des GMQ de 2.5 lbs (1,25 kg)/jour/tête.  Ce résultat est aussi possible lors du deuxième pâturage du couvert d’été.  Il rentre généralement dans le paddock lorsque le couvert est à hauteur de hanche et sort lorsque le couvert est à hauteur de genoux.

En octobre les animaux sont généralement sur les résidus de culture.

Les couverts d’été sont généralement de nouveau pâturés de novembre à janvier.

De janvier au mois d’avril ils utilisent généralement les pâtures et quelques couverts d’hiver. Ensuite, les animaux sont mis sur les pâtures. L’alimentation en foin est raisonnée pour limiter les dépenses en alimentation.

Les pâtures sont gérées généralement en pâturage tournant, suivant la période de l’année et la main d’œuvre disponible. Cette pratique a permis de régénérer la flore et la productivité des pâtures.
Dans sa région, la pâtures mal gérées sont dominées par un herbe appelée Buffalo Grass. C’est un graminée qui se reproduit par stolon et ne fait pas trop de biomasse aérienne.

Cependant, grâce au pâturage tournant il a réussi à inverser la flore sans semer de nouveaux mélanges. Il a de plus en plus de plantes natives qui apparaissent, comme des graminées pérennes  estivales en C4 (Switch Grass, Indian Grass, Little Blue stem et Big blue stem) et des légumineuses.  Cette gestion de l’herbe avec des temps de retour par paddock qui peuvent aller jusqu’à un an sont très prometteuses selon l’agriculteur. Il observe notamment des vaches avec des conditions corporelles bien meilleures tout au long de l’année.

Laisser  de bon résiduels d’herbe en sortie de paddock des prairies et surtout des couverts est primordial selon l’éleveur. Trop souvent ses voisins ne laissent pas assez de résiduels, car ils veulent  transformer toute la biomasse végétale en viande à  un instant T. Cependant, pour toute la suite de la rotation et pour le sol il est nécessaire de laisser assez de résidus pour que l’effet du couvert soit plus long.

Dans le futur, Michael envisage de faire plus de pâturages et moins de cultures. L’effet des animaux sur ses sols l’intéresse fortement. Il pense notamment mettre plus de pâture pour laisser plus de temps à la biologie du sol de se mettre en place et faire par la même occasion moins de perturbations sur le système sol (semis, récolte, engrais, herbicides etc..) chaque année.

Conclusion

Michael Thompson est dans un contexte pédo -climatique très complexe. L’ajout de couverts végétaux et du pâturage dans ses rotations en semis direct ont permis de régénérer ses sols très dégradés. Produire autant voir plus avec moins d’intrants tout en régénérant  les sols est un but majeur sur l’exploitation.

L’innovation et l’expérimentation sont  importants pour Michael. Il dit : «  Je ne suis pas effrayé de ne pas réussir quand j’expérimente quelque chose de nouveau » .

Le succès de l’agriculteur ses dernières années a été possible selon lui  :

– Par la présence de plus de résidus au sol qui permettent une meilleur gestion de l’eau

–  En laissant pousser les couverts le plus longtemps possible

– En transformant chaque goutte d’eau en dollars

 

Darrin Williams – Optimiser les chances de réussite en zone à faible potentiel

Darrin Williams exploite 2 000 acres (800ha) de cultures ( Soja, Maïs, Blé, Orge et Tournesol) a Waverly dans le Kansas. Toute l’année, il fait tourner une centaine de bovins viandes sur des pâtures et les couverts végétaux de sa ferme. A la pâture, brebis, poules pondeuses et dindes viennent aussi compléter l’éventail de produits de la ferme pour la vente directe de leurs produits.

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Darrin dans son orge en direct après soja. Aucun herbicide, seule une fertilisation en starter, pas de fongicide

Semis direct

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Couvert de seigle qui vient d’être semé en soja

Darrin s’est installé il y a 6 ans après une carrière dans la construction de maisons en bois. Il a tout de suite commencé la démarche de semis sous couverts dans des couverts vivants. Il ne sème que des soja et maïs non-OGM sans traitements de semence (si le fournisseur peut en vendre). Les résultats techniques ont tout de suite été au rendez-vous.

Les couverts végétaux

Selon Darrin, la réussite du semis direct est en grande partie dû à l’utilisation de couverts. La gestion des adventices et la stimulation de la vie biologique ont été visibles dès le début. Avant la reprise de la ferme, ses parcelles ont été menées avec beaucoup de travail du sol et d’intrants.

Darrin implante généralement du seigle avant le soja et le maïs. Les fenêtres d’implantation des couverts étant très courtes c’est l’une des seules plantes qui pousse tardivement dans sa région. Il espère dans le futur utiliser plus de couverts d’orge avant maïs. Selon lui l’effet allélopathique et l’azote séquestré par le couvert d’orge auront un moins grand impact sur le maïs comparé à un seigle.

Notre céréalier –éleveur adore intégrer des couverts d’été après la moisson des céréales. Ses couverts de  8 espèces différentes sont composés entre autres : sorgho sudan, cow pea (ressemble au soja),  radis, deux types de navets, triticale, trèfle incarnat et sarrasin…Ces couverts sont en partie pâturés de la fin juillet jusqu’à la fin décembre par les bovins, ovins et volailles. L’hiver ce couvert garde une très bonne qualité.

Les céréales à bas intrants

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Orge sans herbicides et fongicides, seulement un fertilisant starter a été utilisé

Du blé et de l’orge sont cultivés sur la ferme. Ils sont généralement implantés après la moisson du soja. Lorsque le champ est propre à la moisson il ne fait pas d’herbicides avant/après le semis de la céréale.

Lors du semis il met en fertilisation starter du 20-15-15-S-Zn. C’est le seul apport d’engrais fait à l’automne.

Cette année le printemps a été très humide. L’agriculteur n’a pas pu rentrer dans ses parcelles pour la gestion des adventices, attaque fongique ou pour apporter de l’azote. Cependant, lors de ma visite le 27 mai, les cultures étaient très propres, avec peu d’attaque fongique et avec un port très homogène.
Certain orges n’ont reçu aucun herbicide de tout le cycle. Le soja qui le précédait avait eu au semis environ 2T/acre (4T/ha) de fientes de poules.

Avec cette gestion à faible intrant le rendement espéré en orge est aux alentours de 50bu/acre (3,3T/ha). Sur la ferme, des rendements de 100 bu/acre (7T/ha) peuvent être réalisés  si tous les apports en produits de synthèse (engrais +phytosanitaires) sont faits. Cependant, dans ce deuxième cas il ne pense pas pouvoir faire de marges intéressantes. Pour un orge vendu pour la semence à 7$/bu, il espère une marge d’environ 200$/acre (400€/ha) quand il enlève les charges de la culture et le prix de la terre.

L’année prochaine il commencera à produire du blé à paille haute pour la panification.

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Blé, un seul herbicide a été utilisé avant le semis, seulement de la fertilisation au semis a été utilisée, pas de fongicides

Le tournesol en double récolte

Après la récolte du blé, il sème au semoir à céréale un couvert de plusieurs espèces. Dans ce couvert il ajoute du Tournesol (2-3 lbs/acre soit 2-3kg/ha) qu’il espère pouvoir moissonner si la plante se développe bien.

Le couvert est composé de plantes « basses » qui ne viendront pas perturber la récolte du tournesol. Le mélange est : sarrasin, radis, cow peas (sorte de soja) , tournesol (2-3 kg/ha), triticale et trèfle incarnat. Au semis il rajoute un fertilisant starter (20-15-15) dans la ligne de semis.

La récolte du tournesol est faite à la barre de coupe à céréale.

Il récolte environ  800 lbs/acre (800kg/ha) de tournesol. La récolte est passée au trieur, par la même occasion il peut obtenir de la semence de cow pea qu’il réutilisera sur sa ferme pour ses couverts.

Le couvert restant sera une deuxième fois récolté. Cette fois ci par les bovins après la moisson. Le triticale et le trèfle incarnat peuvent parfois passer l’hiver et être  pâturés une deuxième fois.

Cette culture à très faible intrants, permet une double récolte. L’impact agronomique positif pour la parcelle est aussi primordial. C’est une association gagnante dont l’agriculteur est très satisfait.

 Le soja

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Le soja lève à travers le couvert de seigle

 Tous les sojas sont semés au semoir à céréale plus ou moins profond selon l’humidité de l’année (cette année humide à  1,5 inch).

Dès les premières années, les rendements des semis dans le vert ont été au rendez-vous. Dans cette région où la pluie est un facteur limitant en fin d’été les couverts aident à garder l’humidité pour la culture. La moyenne de ses voisins était de 28bu/acre (moyenne county) alors que quelques unes de ses parcelles ont dépassé les 50bu/acre. Il souligne que d’autant plus ce sont des sojas avec très peu d’intrants (semis, 1 ou2 herbicides) comparé à ses voisins qui travaillent encore le sol.

Avec cette culture,  la marge espérée est d’environ 150$/acre (300€/ha) en enlevant les charges de la culture et le prix de la terre.

Le maïs

Darrin n’est pas encore satisfait de son travail sur le maïs. Il estime être peut être allé trop loin dans certaines situation dans la réduction d’intrants, notamment au semis.
Selon lui la fertilisation starter en 2X2 (5 cm à côté de la graine et 5 cm en dessous de la graine) est primordiale pour gérer l’environnement hautement carboné (semis dans couvert de seigle). Il reviendra compléter l’apport N plus tard dans le cycle du maïs.
Il sème du maïs non-OGM. Ceci lui permet d’avoir un meilleur prix à la vente de ses produits. La semence est sans traitement lorsqu’il arrive à s’en procurer. Il n’a jamais eu de dégâts majeurs dû à des attaques d’insectes au semis. Il ne trouve pas nécessaire d’investir dans le traitement des semences et d’impacter la vie du sol par la même occasion.

Le semoir

Tout chasse débris et disque ouvreur à l’avant des disques semeurs ont été enlevé dès la première année de semis direct. Ces outils déplacent trop de terre selon l’agriculteur.

Elevage

Lors de son installation il y a 6 ans, l’objectif de sa ferme était de produire des céréales sur des sols en bonne santé.  Selon lui, la présence d’animaux était indispensable. C’est un atout agronomique mais aussi économique car cela permet de transformer une partie de ses couverts en viande qui sera vendu en direct.

Depuis 5 ans avec sa femme ils ont essayé différents animaux pour voir ce qui leur plaisait le plus. Actuellement des vaches à viande, des ovins viandes, des poules pondeuses et des dindes sont présentes. Ne vont rester dans le futur que les bovins et les dindes.

Pour cette activité, lors des périodes de grand travail la main d’œuvre est le facteur limitant. Ceci le bloque notamment pour une meilleure gestion du pâturage.

Bovin viande

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Son taureau British White à la pâture

Les centaines de vaches  de race British White sont soit sur les pâtures soit dans les couverts. Cette race a été choisie pour sa bonne  capacité à valoriser l’herbe, sa rusticité, son calme et le goût de sa viande.

Il finit ses taurillons en 24-28 mois pour un poids carcasse de 700-800 lbs (350-400 kg).

Aucun vermifuge, vaccin, antibiotique, hormone ou vétérinaire n’ont été utilisés depuis qu’il possède ses animaux. Il a perdu seulement deux animaux (vache et veau) suite à une mauvaise mise bas. Selon lui, la non utilisation de produits médicamenteux est possible car ses animaux ne sont jamais dans des milieux avec de la boue ou des bâtiments.  Les fourrages sont aussi de qualité.

Les bovins sont dans les couverts d’été de la fin juillet à la fin décembre. Pour tous les broutards un gain de 2-3 lbs (1 à 1.5kg)/jour est attendu. Même l’hiver après les premiers gels le couvert est très bien valorisé (notamment le sorgho fourrager qui peut atteindre jusqu’à 15’ (4,5m) de haut ). Si nécessaire il ajoute du foin.

Les couverts de seigle sont aussi en partie pâturés. A l’avenir il pense semer plus de triticale en couvert car les tiges et les feuilles sont mieux valorisées par les bovins.

Du foin est distribué de début janvier jusqu’en mars à la pâture. Les animaux n’ont jamais accès à un bâtiment.

Les pâtures sont utilisées au printemps, pour les vêlages et les périodes de transition lorsqu’il n’y a pas de couverts disponibles.

Certaines parcelles qui sont pâturées ne sont essentiellement que des successions de couverts annuels d’hiver et d’été.

Il fait du foin sur une parcelle de fauche de 50 acres et le reste est acheté selon les besoins.

Conclusion

Darrin est un jeune no-tiller et pâtureur. Cependant, dans sa zone à faible potentiel agronomique il obtient des résultats très positifs. La combinaison du semis direct, des couverts végétaux et de l’élevage est une association gagnante.
Les coûts de production et les marges à l’hectare sont plutôt délicats à calculer pour l’agriculteur. Cependant , il est convaincu de faire mieux que ses voisins car les rendements sont égaux voir meilleurs que ses voisins en travail du sol conventionnel et à forts intrants.

Selon lui pour réussir en semis direct et en élevage il faut  :

  • Rester au courant et ouvert d’esprit sur les dernières connaissances et pratiques agricoles
  • Assurer le meilleur démarrage possible des cultures

Dans le futur un des projets majeur de Darrin est d’utiliser de moins en moins d’intrants.
Affaire à suivre !

Dan DeSutter – Semis direct, élevage : de nouveaux challenges au quotidien

Dan DeSutter exploite 4500 acres (1800ha) dans le sud de l’Indiana. Depuis 1990, il pratique le semis direct de maïs, soja, blé. Auparavant, son père faisait du ridge tillage depuis 1983. Depuis une 15aine d’années il finit des bovins à l’herbe de race Black Angus.

Dan est un passionné d’agronomie. Au quotidien, il essaie d’améliorer ses pratiques pour la santé de ses sols et pour plus de rentabilité de son entreprise. L’agriculteur a de nouveaux objectifs : l’intégration de bovins dans les couverts végétaux et la transition vers l’agriculture biologique.

Dan réalise la rotation classique soja/blé/maïs. Les couverts sont généralement du seigle en pur semé au semoir à céréale. Les hivers très froids et la récolte tardive du maïs ne lui permettent pas d’introduire de légumineuses dans ses couverts avant soja.

Blé

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Parcelle de blé en semis direct après soja. La gestion des adventices sur cette parcelle est très bonne.

L’intégration du blé dans sa rotation a été un élément important pour plus de réussite dans son système de semis direct.

Il implante au semoir à céréale le blé toujours après un soja. Il ne met pas de fertilisant starter au semis. Il estime que la vie biologique du sol à ce moment de l’année est assez active pour fournir au blé ce dont il a besoin.

La première fertilisation a lieu en février avec 30 unités d’N en liquide avec 28% d’azote. Il diminue la dose si le nombre de talles n’est pas suffisant. Un autre apport sera fait à hauteur de 90 unités avec un mix liquide de 28% d’azote ainsi que du sulfate d’ammonium. Ce dernier permet d’apporter du soufre, élément essentiel de l’assimilation de l’azote par les plantes.

La fertilisation liquide sur blé est pour lui le meilleur moyen d’avoir une application homogène et rapide.

Il fera un ou deux fongicides en fonction de la pression.

La récolte est réalisée courant juillet ce qui permet d’implanter un couvert « cocktail » composé de très nombreuses espèces (graminées comme légumineuses) dont une partie est gélive.

Maïs

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Le semoir à maïs est prêt pour attaquer la saison des semis

Dan sème tous ses maïs dans ce couvert multispécifique tué chimiquement en amont du semis. La diversité des espèces permet de limiter les problèmes liés à la Noctuelle à point blanc (Mythimna unipuncta), fréquents lors du semis sur seigle pur.

Il implante très peu de ses maïs dans un couvert vivant. De plus, il essaie de limiter l’utilisation d’insecticides au semis pour ne pas impacter les auxiliaires. Il préfère donc terminer son couvert en amont du semis.

Cette année il ne va pas utiliser d’insecticides dans l’enrobage de ses semences, ni appliquer d’insecticides. Tous ses maïs seront non-OGM.

Lors du semis au semoir monograine John Deere il met dans la ligne de semis du 10-30-0 avec du zinc.  Il n’utilise pas de fertilisant starter lorsque ses sols sont assez réchauffés. Dans ses sols la fertilisation starter du maïs n’est utile que si les sols sont froids et la minéralisation biologique faible.

Il revient dès que le maïs est à hauteur du genou avec de la fertilisation liquide 28% N.  Il  complètera pour arriver à environ 120 unités N / ha pour tout le cycle du maïs.

Son coefficient d’utilisation d’azote est d’environ 1 unité N pour 1.5 bu ( soit 0.66 U N pour 1 bu de Maïs (62.77kg de maïs). Ce qui est un très bon résultat.

Soja

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Le rouleau crimper qui permet de tuer le couvert de seigle

Il sème son soja à 15’’ (38.4 cm) dans des couverts de seigle.

L’année dernière le seigle a été roulé au rouleau crimper (rouleau faca de chez I&J). Le roulage est effectué avant ou après le semis. Le résultat est le même. Le roulage a très bien fonctionné et certaines parcelles n’ont pas eu besoin de rattrapages en herbicides. Il souhaite donc rouler le plus possible ses couverts cette année.

Il ne met pas de fertilisant starter avec le soja.

Une grande partie de ses sojas est non-OGM. Il dit pouvoir être autant, voir plus rentable avec ces variétés non-OGM. Selon lui le surcoût des semences OGM n’égale pas l’économie en herbicides permises par ces dernières. D’autant plus que par ses couverts, la pression en adventices est moindre.

Sols

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Construire les sols grâce des couverts végétaux…pâturés

Les sols qu’il possède depuis 27 ans ont vu leur taux de matière organique passer de 1.4 à 4.2%. Il estime un gain de 1%  de matière organique tous les 10 ans. Pour chaque point de matière organique gagné, ce sont 30 U d’azote minéralisées en plus chaque année et disponibles pour la culture.
En intégrant l’élevage il espère aller plus vite dans la construction de ses sols. Il pense pouvoir augmenter de 1% de MO tous les 5 ans.

Depuis plusieurs années, il applique 1 tonne/acre (2T/ha) de fientes de poules après récolte du maïs. La tonne de ce fertilisant biologique lui coûte 40$.  Après plusieurs années de pratiques, il n’a pratiquement plus besoin d’appliquer de P, K ni de micronutriments. De plus, il perçoit ces fientes comme un inoculant biologique bénéfique sur le long terme pour le sol et toute la rotation. Le couvert de seigle semé en suivant est le premier bénéficiaire de cet apport.

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Un sol noir avec une très belle structure

Des bovins sur les couverts

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Les taurillons dans le couvert de seigle

Pendant plus de 15 ans il a fini des bovins à l’herbe (poids vif fini 1100-1300lbs soit 500-590 kg) sur prairie permanente. Très récemment, il a recommencé à clôturer et installer des systèmes d’eau pour les abreuvoirs sur ses parcelles agricoles pour pouvoir faire conduire les bovins en pâturage tournant sur ses couverts. Avec cette pratique il espère pouvoir construire la fertilité de ses sols plus rapidement et aider son fils à s’installer sur la ferme.

Depuis cette année, il pâture les couverts d’interculture. Les bovins ont uniquement accès à du seigle.

Pour pouvoir circuler plus facilement avec les animaux et simplifier les mouvements il espère pouvoir échanger ou acheter des parcelles avec ses voisins pour avoir à proximité tout son parcellaire pâturable.

Lors de notre visite, il y avait en rotation quotidienne sur du seigle épié, 150 bovins de 900 lbs (400kg) sur 1-1.5 acres (0,4-0,6 ha).

Le futur challenge de l’agriculture biologique

Dan est un SDiste convaincu de longue date. Le nouveau challenge des bovins sur les couverts est un tournant majeur pour son exploitation. Cependant, l’agriculteur n’est pas en manque de nouveaux défis. Depuis un an une partie de ses parcelles agricoles sont en transition pour être labélisées agriculture biologique.

Il explique son choix par le fait qu’il souhaite être plus indépendant voir ne pas utiliser du tout des intrants de certaines firmes. La plus-value économique des produits est un facteur très intéressant aussi selon lui.

Il espère autant que possible utiliser le semis direct pour implanter ses cultures. La réussite du roulage au rouleau crimper du seigle pour implanter un soja le conforte dans ses choix. Après 30 ans de semis direct, il n’exclut pas d’utiliser le travail du sol pour détruire certains couverts permanents et/ou maitriser le salissement en bio.  Selon lui, un léger travail du sol ne sera pas compromettant car ses pratiques pourront réparer cette destruction temporaire.

Conclusion

Dan a plus de 30 ans d’expériences de semis direct. Ses pratiques lui ont permis d’augmenter certaines parcelles à plus de 3% de MO. Ses rendements étant les plus élevés de tout son voisinage et la diminution des coûts en intrant (N,P,K, herbicides) lui permettent d’avoir une entreprise très rentable.
Son intérêt pour la santé de ses sols et les résultats techniques et économiques de sa ferme le conforte dans ses futurs projets pour aller vers plus d’intégration d’animaux et un challenge vers l’agriculture biologique.

Affaire à suivre !

Yann JANIN & Sylvain COURNET

Dave Brandt – Semis direct sous couvert depuis 40 ans

Rencontre et photos au 11 mai 2017

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Dave Brandt et Yann dans un couvert prêt à être roulé et semé.

Dave Brandt est une des légendes vivantes du semis direct sous couvert aux États-Unis. Son influence dépasse facilement les frontières du pays nord-américain. Ses 40 ans de pratique de semis direct avec presque autant d’années d’utilisation de couverts végétaux ont un effet tellement positif sur la qualité de ses sols, de ses cultures et du fonctionnement économique de son exploitation qu’il est difficile de contester la légitimité de ses pratiques.

Sur certaines parcelles, cela fait 7 ans qu’il n’a pas utilisé ni engrais ni herbicide. Sur d’autres parcelles l’utilisation de produits de synthèse est très faible. Les rendements à l’hectare, la qualité du grain et les marges  économiques à l’hectare sont très bonnes. Le niveau des éléments chimiques (N,P,K,S etc..) ne cesse d’augmenter.

Que fait Dave Brandt pour obtenir de si bons résultats ? Quel est ce monstre biologique qu’il développe sous ses pieds ?

Dave Brandt reste très simple et minimaliste dans ses interventions. Sur ses 1150 acres (460ha)  Il pratique une rotation classique blé (1/3 de la sole)/maïs(1/3 de la sole)/soja (1/3 de la sole) avec des  couverts d’été et/ou d’hiver d’interculture multi-espèces.

L’implantation du couvert après le blé et avant un maïs est composé d’un mélange multi-espèces  d’été et d’hiver. Le couvert entre le maïs et le soja et aussi un couvert multi-espèce d’hiver.

Les rendements en maïs peuvent atteindre jusqu’à 230 bu/acre (14T/ha) en maïs pour seulement 50 U N apportés. Ses soja peuvent atteindre jusqu’à 90 bu/acre (6T/ha). Il a des rendements moyens en blé de 125 bu/acre (8T/ha)  alors que la moyenne de ses voisins est de 45-50 bu/acre (3,3T/ha) (moyenne du county).

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Un des parcelles gérée depuis 40 ans en semis direct avec couvert végétaux. Un sol noir, sur une très grande profondeur. A ses débuts en 1971, ses sols argileux étaient de couleur “jaune”.

Couverts végétaux

Les couverts végétaux constituent le principal levier de gestion du système. Comme David a répété à plusieurs reprises, chaque couvert doit être élaboré en fonction d’un objectif précis.

Le 11 mai, le couvert qui allait être roulé et semé en maïs était composé de pois d’hiver, vesce, seigle et trèfle incarnat. Ce dernier est apprécié pour sa floraison homogène, plutôt précoce et sa bonne destruction par roulage.

Les couverts sont parfois clairs mais David en reste satisfait, mettant en avant un réchauffement plus rapide du sol et évitant des phénomènes de  bourrage lors du semis.

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Un couvert qui peut sembler clair mais qui permet le réchauffement du sol

Construction des sols, moyens et objectifs

La qualité des sols sur l’exploitation en termes de fertilité, vie biologique, matière organique et capacité d’infiltration a été nettement améliorée lors du passage de couverts mono-spécifiques à des mélanges de plusieurs espèces. Il implante minimum 6 espèces afin de répondre aux différentes attentes d’un couvert et de diversifier la vie du sol par des exsudats racinaires de nature différente.

Lorsqu’il reprend une nouvelle parcelle qui a été menée en conventionnel, le premier couvert implanté est riche en graminées estivales. Ceci permet d’introduire un maximum de carbone dans le système.

Il évite d’utiliser des couverts avec trop de légumineuses. Sur certaines parcelles où la production d’azote a été trop importante, il y a eu un déséquilibre du C/N, ce qui a conduit à une consommation de carbone et donc une baisse du taux de matière organique. Ceci a été observé sur des couverts de légumineuses laissant 550 kg/ha d’azote. Le C/N d’un couvert idéal est selon lui de 30:1.

Depuis 2 ans quelques bovins ont été engraissés sur une partie des couverts avant maïs. L’objectif étant d’accélérer la construction du sol et de sortir en 6 mois des bêtes de 350 à 450kg (achetées à 175kg)

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Sols avec quelques années de semis direct et de couverts, le carbone des biomasses produites colonise progressivement les sols argileux de couleur ocre. Le gradient de couleur est généralement plus progressif dans ses autres parcelles.

Destruction des couverts

Les couverts sont roulés au rouleau faca (roller crimper de chez I&J)  4 à 5 jours après semis. Le roulage sera efficace sur le seigle à floraison. Il nous a fait remarquer que même quelques jours avant la floraison, après un cassage à la main des tiges de seigle, celles-ci ne se relèvent pas.

Sur les légumineuses, le roulage est efficace à pleine floraison. Si on attend trop tard, l’azote racinaire migre vers les graines et sera donc moins disponible pour la culture. Le pois peut être roulé jusqu’à formation des premières gousses.

Toutes les espèces du même mélange arrivent ici à maturité en même temps, optimisant l’efficacité du roulage.

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Couvert de seigle, pois, vesce, orge, trèfle incarnat prêt à être roulé

Adventices de plantes pérennes et limaces, rien à signaler

Les limaces et les plantes pérennes ne sont pas un problème pour l’agriculteur. Un certain équilibre est  atteint dans son système.

Dave ne se soucie plus des limaces dans ses parcelles. Lors de grosses attaques, Il préconise l’application de nuit (lorsque les limaces sont de sortie) de 6 à 7 gallons (27-30 littres) d’azote 28% en liquide. Ceci permet d’éliminer, par simple contact avec le fertilisant, 70% des limaces. Les anti-limaces peut également être utilisés, cependant il souligne que l’impact négatif sur les auxiliaires de cultures est très fort.

Les couverts diversifiés et la rotation lui permettent de gérer la plus part des adventices pérennes. Si une parcelle présente quelques problèmes de salissement, les adventices sont gérées facilement avec les herbicides.

Blé

Le blé est implanté après soja au semoir à céréale 7’’ (18 cm), ou au monograine 15’’ (38cm).  Il associe son blé avec du radis qui sera tué par le gel de l’hiver.

Le monograine permet un semis plus uniforme : profondeur et espacement des grains sur le rang. Le nombre de talles est plus uniforme et elles sont plus vigoureuses. L’économie de graine est également non négligeable, 10lbs (5kg) en moyenne ce qui représente environ $15/acre (30€/ha). Cependant un écartement plus conséquent des rangs oblige le recours à un herbicide en début de cycle.

La profondeur de semis est de 1’’. La culture reçoit de l’azote 28% en liquide. La biomasse produite par la culture suffit à gérer l’enherbement quand il n’utilise pas d’herbicides.

Pour cette année, le seigle pour la production de semences de couverts a pris en partie la place du blé. Il a fertilisé en liquide avec du 28% d’azote, il n’a pas fait de désherbage.

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Seigle qui va être récolté

Maïs

Le maïs est semé à 30’’ (76 cm) à une profondeur de  1-3/4 inch  (4.5 cm)  afin qu’il lève le plus rapidement possible et soit vigoureux.

La température du sol déclenche le semis. Il veut des températures de sol stables, de jour comme de nuit aux alentours de 55 à 60°F (15°C). A ce moment l’activité microbienne minéralise davantage, la fertilisation starter n’est pas forcément nécessaire.

Du 9-24-3 est appliqué dans la ligne de semis si nécessaire dans des sols non réchauffés.

Lorsque le maïs atteint la hauteur de genoux il apporte du 28%  d’azote en liquide, enfoui. A l’avenir l’urée en plein en surface à raison de 30 à 40 unités sera préférée pour une infiltration plus progressive.

En moyenne, ses maïs sont plus denses en nutriments (9.1% de protéines contre 5.2 en conventionnel). David n’exclut pas d’en tirer partie en vendant un maïs « premium » pour ses qualités nutritionnelles supérieures (concept de « nutrient dense food »).

Du soja peut être associé au maïs. Le semis a lieu en même temps.

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Couvert prêt à être roulé puis semé en maïs

Soja

Le soja est implanté dans un couvert multi-espèce qui sera ensuite roulé sans application d’herbicides. Si le soja reste propre il ne fera pas d’application d’herbicides.

Un engrais starter 2-1-6  est utilisé si le sol n’est pas assez réchauffé.

Fertilisation

Principes de fertilisation

La fertilisation est un poste de dépense qui a drastiquement diminué sur l’exploitation. Les niveaux de N, P, K, S etc augmentent d’année en année dans ses sols et ce malgré les exportations de grains avec des rendements records et les très faibles niveaux d’intrants. La vie biologique de ses sols est extrêmement développée par les 40 ans de SD et les couverts. Les éléments minéraux de la roche mère et du sol sont alors de plus en plus disponibles.

Par ailleurs le tournesol dans les couverts permet de rendre disponible le zinc (Zn), il n’a donc pas besoin d’en mettre dans sa fertilisation starter du maïs. Le seigle mobilise le calcium (Ca). Sur les parcelles récemment acquises il implante à chaque fois du sarrasin dans le couvert. Ceci permet de réduire les apports en phosphore de 15lbs/acre (15kg/ha).

Du fumier de poulet est parfois appliqué sur les couverts mais reste un intrant cher pour David.

Le semis de précision de ses couverts permet de mettre le maïs à proximité des anciens rangs de radis, ce qui permet un relargage des  nutriments au plus près des racines du maïs.

Effet du couvert sur la fertilisation azotée en maïs (retour d’expérience)

Pendant 5 ans ils ont cherché à identifier la quantité exacte que fournissent différents couverts de légumineuses. Pour cela,  ils ont semé en direct le maïs dans différents couverts de légumineuses en pur. Dans chaque modalité ils ont fertilisé en azote à différentes doses. Ils ont alors comparé les rendements et les modalités qui avaient les mêmes rendements avec 200lbs (100 kg) d’N. La restitution d’azote pour la culture suivante pour chaque couvert est de :

  • Trèfle incarnat : 60Lbs/acre (60kg/ha)
  • Mélilot : 80lbs/acre (80 kg/ha)
  • Trèfle violet : 75lbs/acre (75 kg/ha)
  • Vesce :  150 lbs/acre (150 kg/ha)
  • Vesce chikling: 30 lbs/acre (30 kg/ha)
  • Pois d’hiver : 125 lbs/acre (125 kg/ha)
  • Cow pea (type de soja): 50 lbs/acre (50 kg/ha)
  • Sunn Hemp (légumineuse): 100 lbs/acre (100 kg/ha)

Il espère au minimum sur les couverts qu’il sème au printemps 50lbs N /acre (50kg/ha). Il enlève cette quantité d’azote sur la quantité finale de fertilisation azotée de ses maïs

Semis à la volée

Soja sur blé

A plusieurs reprises, Dave a eu l’opportunité de semer à la volée du soja dans le blé. Ces semis ont été réalisés dans un blé qui n’avait pas une biomasse importante mais qui restait assez intéressant à moissonner. Le blé a finalement fait 50 bu/acre (3.3T/ha) et le soja semé à la volée 50 bu/acre (3.3T/ha).

Les quelques clefs importantes pour un soja à la volée :

  •  Avoir une surface du sol grumeleuse. Sur un sol travaillé la technique ne va pas très bien fonctionner car la surface du sol ressemble plus à une dalle de béton que un lit de semence. Pour l’agriculteur en semis direct la surface du sol sera plus apte à cette structure.
  • Semer avant une bonne pluie
  •  Augmenter la dose de semis de 20-25%

Le soja a été inoculé et semé dans le blé qui venait juste d’épier. Les années où les pluies en début de cycle étaient suffisantes ont été une réussite.

Semis de couverts

Les semis à la volée des couverts font partie intégrante du système de la ferme. Tout type de graine peut être semé à la volée dans le soja et le maïs encore vert ou après leur récolte.  La pluie n’est pas souvent un facteur limitant à cette période de l’année (mi-Août à Novembre). Il est important d’avoir une bonne structure du sol en surface pour permettre à la graine de germer.

Généralement il ne fait pas d’enrobage spécial sur la graine. Lors des premiers semis à la volée sur une parcelle récemment reprise il enrobe la semence avec de l’acide fulvique et humique. Cet enrobage doit permettre de stimuler la vie biologique autour de la graine.

Un enjambeur reconditionné pour semer à la volée

Dave a construit lui-même la machine qui sert au semis à la volée à partir d’un enjambeur d’occasion.

La machine a coûté au total 125 000$. Ce prix comprend 80 000 $ pour la trémie/distribution pneumatique Montag.

La machine peut semer jusqu’à  500 acres/jour (200ha/jour).  Elle peut semer de 4 lbs à 60 lbs/acre (4-60kg/ha) de semence et jusqu’à 120 lbs/acre (120kg/ha) avec du fertilisant.

Le coût à l’acre est de 10$ pour la machine plus 5$ pour l’opérateur. Soit 15$/acre.

L’éclateur fixé pour semer dans du soja répartit des graines homogènement sur un diamètre de 34 inch (86.36cm).

Pour semer dans du maïs il fixe grâce à des attaches rapides des tubes qui permettent une descente à travers les feuilles et ainsi s’assurer que la graine arrive au sol. Il n’y a pas d’éclateurs au bout des tubes.

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L’enjambeur semoir de couverts et de cultures de vente

Semis dans des couverts permanents :

Le semis direct sur couverture permanente vivante est aujourd’hui une piste que Dave essaie d’approfondir. Les résultats sont plus ou moins concluants, mais il continue ses recherches.
Son but principal de la couverture permanente est de réduire l’investissement en semence et l’implantation de couverts.

Il a essayé plusieurs années d’affilé avec des couverts en pur. Il a essayé 3 trèfles différents pour du maïs et 3 fétuques différentes pour le soja.  Cependant, les rendements ont diminué de 20% lorsque les couverts restaient vivants. D’autres couverts sont morts à cause de l’ombre.

Pour éviter la disparition des couverts il recherche des plantes avec un port de feuilles plus pointant vers le ciel pour laisser un peu de lumière rentrer pour la couverture permanente.

Un semis plus tardif du maïs (environ 1er juin) permettrait d’obtenir les mêmes rendements que le semis traditionnels du 1er mai. Cependant la couverture permanente aurait un peu plus de temps pour bien s’établir.

Pour le soja il pense semer deux semaines plus tôt que le maïs pour  garder un bon rendement.

La densité optimale en maïs  serait de 28000 graines /acre (69 160 graines/ha). La densité optimale de soja serait de 100 000 graines/acre (247 000 graines/ha).

Le semis de maïs sur de la luzerne OGM résistante au glyphosate a très bien fonctionné. Il  y avait entre les rangs de maïs 3 rangs de luzerne.  Après deux années de couvert il n’avait plus besoin d’herbicides.  Il a fait plusieurs années d’affilé du maïs sur luzerne. Cependant il n’aime pas faire de la monoculture de maïs, il a donc abandonné cet itinéraire technique.

Conclusion

Selon Dave passer du temps dans les parcelles pour observer et appréhender les changements  est l’élément principal pour réussir en semis direct.

L’utilisation de mélanges de couverts végétaux et la réduction d’utilisation des intrants (produits phytosanitaires et engrais) lui ont permis d’aller loin dans la construction de son système. Les changements sur ses sols sont le meilleur exemple.
Aujourd’hui et demain, Dave souhaite continuer à aller vers des itinéraires avec le moins d’intrants possibles. Il souhaite continuer à produire du grain de haute qualité (maïs à  9% de protéine).
La construction du nouveau centre de tri, nettoyage et ensachage  de semences de couverts  est un nouveau challenge pour  Dave et sa famille.

Un très bel exemple. Affaire à suivre.

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Le nouvel ensemble pour la commercialisation de graines de couverts

 Yann JANIN & Sylvain COURNET

Jack Erisman – Travail du sol minimum en AB

Jack Erisman est en agriculture biologique depuis 1990. Il exploite 2000 acres (800ha) en grande culture : soja, maïs, seigle, blé pluri-annnuel Kernza et de temps en temps un peu d’avoine ou de maïs pop-corn. Il possède un troupeau de bovins viandes naisseur engraisseur de 120 vaches Murrey Grey. Les pâtures sont intégrées dans la rotation des cultures.  Les animaux pâturent lors de la saison de pousse de l’herbe et restent dehors au foin pendant l’hiver.

Ses sols sont des limons argileux avec  3% de MO en moyenne et un minimum de 2% et quelques rares parcelles à 4%.

Après 27 ans d’agriculture biologique,  il espérait avoir des niveaux de matière organique plus élevés et une vie biologique plus présente. Même s’il pratique du travail du sol minimum (maximum 5-10 cm) il souhaite à présent intégrer autant que possible le semis direct pour les cultures de vente. Il souhaite par ce biais continuer de développer la machine biologique de ses sols pour plus de fertilité et un meilleur contrôle des adventices.

Rotation des cultures

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Échantillon des différentes cultures produites sur la ferme

La rotation de culture qu’il pratique est celle la plus répandue dans la région :

Maïs/Couvert de Seigle/Soja/Seigle ou Avoine (pour récolte)/ Prairie temporaire de 2-3 ans (semée l’hiver dans la céréale) ou couvert de vesce

Fertilisation

Il ne fait aucune fertilisation N, P, K. Il fait de temps en temps si nécessaire des apports de micronutriments (surtout du soufre et du magnésium). Avant de passer en bio il avait beaucoup travaillé sur les équilibres des éléments minéraux du sol.

En développant encore plus la vie biologique de ses sols grâce au semis direct, il espère que les équilibres minéraux et la fertilité de ses sols se réguleront naturellement.  Beaucoup d’agronomes des Etats-Unis développent ce concept. Il espère suivre le bon chemin.

Maïs

Il sème trois types d’hybrides de maïs : Blue corn (Maïs pour la consommation humaine à épis bleu), Yellow Corn (maïs pour alimentation animale),  White corn (Maïs pour la consommation humaine à épis blanc). Ces maïs ont pour objectif de finir en consommation humaine. Il signe des contrats pour la plus part de ses ventes.
Le Blue Corn (épis bleu-noir) a un cycle de développement un peu plus long, mais il répond très bien quand il n’y a pas de fertilisation azotée.
Dans sa conduite et sa forme, le maïs White Corn (grains blancs) est très semblable au maïs traditionnel Yellow Corn.

Les rendements espérés sont :

  • Blue corn : 100bu/acre (7T/ha) , en contrat il vend ce maïs de 12 à 18$/bu ( 12 à 18euros/acre)
  • Yellow corn : 125-150 bu/acre (8.5-10T/ha)
  • Les voisins en conventionnel : 180 bu/acre (12T/ha)

Les maïs sont implantés soit derrière prairie soit après un couvert de vesce. La prairie ou le couvert sont détruits avec un ou deux passages à 5-10 cm à l’aide d’une fraise rotative, ou  avec deux passages très superficiels de disque. Il n’a aucun problème de repousse dans le maïs.
Les prairies sont pâturées jusqu’au dernier moment. La destruction a lieu une ou deux semaines avant les semis.

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Les voisins sèment le maïs, les bovins à l’engraissement sont encore en train de pâturer une parcelle qui sera un champ de maïs dans deux trois semaines

L’itinéraire classique

Il sème le maïs à 90 cm d’espacement.

L’itinéraire de gestion des adventices est le suivant :

  • 3 jours après semis : herse
  • 8 jours après semis : houe rotative
  • 15 jours  après semis (pas toujours ) : houe rotative
  • Deux ou trois  binages en suivant si nécessaire avant la fermeture de la canopée
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La fraise rotative utilisée à 5-10 cm pour détruire les prairies

L’itinéraire prévu en semis direct

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Le couvert de vesce avant semis du maïs

Cette année il souhaite implanter dans une vesce à pleine floraison le maïs Blue Corn. Il n’utilisera pas de fertilisants starter, ni de fertilisation de fond, il compte sur l’azote du couvert. Le couvert sera détruit au rouleau faca à un autre moment que le semis. Il sera détruit avant ou après le semis en fonction de  la période de floraison du couvert.

Le but est de supprimer tous les passages pour désherber.

Il suit l’itinéraire établi par Jeff Moyer du Rodale Institute.

Des essais de semis à 15 cm du maïs seront réalisés. Selon lui, les écartements actuels en maïs sont les écartements utilisés à l’époque pour permettre le passage des chevaux pour le binage.
Si la récolte ne se fait pas facilement au cueilleur à maïs il le fera à la barre de coupe à céréale.

Soja

Depuis plus de 20 ans, le soja est semé  (15 cm entre rang) avec du seigle (57kg/ha)  en culture compagne. Le  seigle est semé à la volée  en amont du disque semeur du soja et est appuyé au sol par un rouleau cage.

L’espacement réduit permet une fermeture rapide de la canopée et le seigle a pour but de rentrer en compétition des adventices. Le contrôle jusqu’à la fermeture de la canopée est très bon et permet d’avoir un contrôle maximal des adventices

Le seigle  se développe  et végète dans le soja puis disparait avant la récolte.

Les rendements espérés sont de 30-40 bu/acre (2-2.5T/ha), les voisins en conventionnels font entre 60-80 bu/acres (4-5.5T/ha).

Cette année à cause des conditions climatiques il a récolté en février une parcelle. D’après les analyses, la qualité n’a pas trop changé, les tests de germination sont de 95%. Il y avait un tout petit peu de perte de rendement.

Du semis direct pour le soja

Sur prairie

L’année dernière  il a semé du soja dans une prairie vieillissante qui va être détruite cette année.
Il a semé en direct puis broyé au broyeur horizontal la prairie quand le soja a commencé à émerger. Le rendement était de moitié à celui de l’année en conduite traditionnelle. Il souhaite re-essayer cette année mais en faisant  un léger passage de fraise rotative après semis.

Sur du seigle

Il souhaite implanter du soja en semis direct dans un couvert de seigle à pleine floraison. Le soja sera semé à 15 cm et le couvert  sera laissé vivant. Selon lui, le soja n’est pas impacté par la présence du seigle. De plus le couvert continuera à faire un très bon contrôle des adventices.
Pour rappel, c’est un seigle pour la vente et semé après la récolte du soja. Il n’y aura donc pas de problèmes s’il y a des repousses.

Seigle

Il ne souhaite pas mettre de blé dans sa rotation. Car des repousses de seigle devraient être triées à cause du seigle dans le soja.

Un léger discage (5cm) ou passage d’outils à dent est utilisé avant le semis.

Lors des moissons tardives il peut être amené à semer du seigle très tard (jusqu’en février). Il sèmera donc à la volée  sans travail du sol sur sol gelé. Le seigle pousse très bien, mais les rendements sont généralement moins bons.

Il fait parfois du foin de seigle. Ce n’est pas très facile à faire et il n’a pas forcément la meilleure qualité, mais cela correspond aux besoins des animaux en hiver.  Le seigle fait 1m20-1m50 lorsqu’il le fauche.

Kernza

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Les parcelles en Kernza sont très propres

Il est l’un des premiers agriculteurs à avoir semé ce « blé pluri-annuel » appelé Kernza (Thinopyrum intermedium). Ce blé est issu d’un croisement de graminées pérennes. Cette culture permet de faire du grain pour la consommation humaine, du pâturage et du foin.  Il a sursemé en trèfle incarnat dans la graminée.

Jack a eu des rendements en grains de 300 lbs/acre (300kg/ha). Il vend le blé 2$/lbs (4€/kg). La récolte a lieu 6 semaines après la récolte de blé.
Les chercheurs  espéraient plus de rendement entre 500kg/ha et 1T/ha. Mais le climat est peut être un peu trop humide ( 1000mm/an) pour cette graminée.

Lorsqu’il ne moissonne pas, il fait généralement une coupe de foin par an. Il n’a pas eu encore l’opportunité de pâturer car il n’avait pas accès à l’eau sur ces  parcelles.

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Le blé Kernza a été sur semé en trèfle

Les bovins

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Le troupeau de Murrey Grey avec des croisements de Black Angus (robe chocolat)

Il possède un troupeau de bovins naisseur/engraisseur de Murrey Grey. Certains croisements sont fait avec de la Black Angus. Il préfère cette race  de robe claire car elles sont beaucoup plus aptes à résister aux chaleurs estivales.

Il a 120 mères. Il finit à l’herbe environ 70 bovins de 18 à 24 mois (certains en 30 mois).

Les vêlages ont lieu fin juin. Selon lui, c’est le mieux car dans la nature beaucoup d’animaux naissent à cette période.  Il pense que cela correspond donc aux mieux aux besoins des animaux. Il sèvre à 10 mois.

Conclusion

Jack a 27 ans d’expériences en agriculture biologique. Selon lui, il n’a toujours pas trouvé la bonne manière de cultiver en bio. Le semis direct est un axe principal à développer. Dans les années à venir, il souhaite au maximum utiliser cet outil pour plus de fertilité et un meilleur contrôle des adventices. Il compte tout de même garder certains outils de travail du sol car il n’a toujours pas trouvé la solution pour sortir d’une prairie sans travail du sol.

Jack fait toutes ses expérimentations sur des parcelles entières de plusieurs hectares. C’est une démarche personnelle  qui peut lui coûter cher. Mais il pense que ce sont des étapes indispensables pour un avenir plus fertile de son exploitation.

Three brothers farm – Poules pondeuses en rotation sur pâture

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Michael en pleine récolte des œufs sur l’un des deux pondoirs amovibles

Michael et sa compagne sont installés depuis 5 ans sur une ferme maraichère avec une production de poules pondeuses au pâturage. Ils sont situés dans le Wisconsin à proximité Milwaukee, une ville de 600 000 habitants.

Lorsqu’ils se sont installés en maraichage un restaurateur les a contactés pour leur demander s’ils pouvaient le fournir hebdomadairement en œufs produit sur pâtures. Avant cet appel, ils n’avaient pas envisagés cette production.

Aujourd’hui ils ont 950 poules pondeuses de race « Gold star » (très proche de la Red Sex, plus fréquemment utilisée). Cette race produit des œufs marrons, les poules sont assez rustiques pour être à l’extérieur et produire régulièrement pendant leur cycle de production.

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Les poules de race Gold Star en plein travail

Il reçoit les animaux en septembre âgés de 18 semaines. Il les abat lui-même en novembre de l’année d’après. Il préfère ces poulettes achetées prêtes à pondre à 7$ (=7€) car cela lui permet principalement d’économiser du temps et d’avoir des soucis en moins à gérer sur la ferme.

Michael estime son travail quotidien : nourrissage, récolte des oeufs, déplacement de paddock, lavage des oeufs à 1h30 minutes par jour.

Les animaux sont à la pâture sauf l’hiver. La production actuelle d’avril/mai est de 650 œufs/jour pour 950 poules. En hiver, elles sont placées dans une serre double parois non utilisée  pour le maraichage à cette période.

Avec 1000 poules pondeuses, pour éviter le retour trop fréquent sur un même paddock il estime la surface nécessaire à 15 acres (6 ha), cela reste une estimation large. L’année dernière il a fait des temps de retour sur paddock un peu moins longs et à déplacé les animaux sur seulement  4 ha. Il n’a eu aucun problème.

L’impact « fertilisant » entre les paddocks utilisés ou non par les poules est visible sur la même saison.

Il n’est pas certifié agriculture biologique, il  nourrit ses animaux en alimentation certifiée non-OGM. Il donne à manger une fois l’après – midi et une fois à la tombée de la nuit. Il donne environ  125 g de farine pré-mixée/poule pondeuse/jour.

Il vend principalement ses œufs aux restaurateurs à 4 dollars (=4€) la douzaine livrée au restaurant. Il réalise une livraison par semaine. Il vend aussi sur sa ferme tous les Vendredi aux particuliers à 5$ (=5€) la douzaine.

Deux déplacements hebdomadaires

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Vue général du paddock : à l’extérieur du paddock la remorque de stockage de l’alimentation. A l’intérieur des clôtures : 950 poules, quelques brebis suitées, deux pondoirs amovibles,  trois mangeoires,  un abreuvoir, une remorque à plateau qui fait office de toit, et un spot de lumière

Il réalise lors de la période de pousse de l’herbe deux mouvements par semaine. Selon Michael, ces mouvements quotidiens sur de l’herbe fraiche et jeune permet une économie le jour après le déplacement de 20% de l’alimentation consommée quotidiennement. Lorsque la pousse de l’herbe est plus importante que la vitesse de rotation des animaux, il choisit de tondre la prairie en amont pour fournir quotidiennement une herbe jeune.

Le matériel

Les pondoirs ont été auto-fabriqués. Ils sont placés sur deux remorques facilement déplaçables avec un petit tracteur.

Le sol est fait en taquet en bois et grillage à poule, il permet la chute des déjections au sol.

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L’intérieur des pondoirs

Les pondoirs sont des bacs plastiques achetés en grande surface. Il les remplit en copeaux de bois une fois par semaine. L’accès aux pondoirs pour la récolte se fait par le côté de la remorque avec une porte facilement ouvrable.

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Vue de l’extérieur des pondoirs, pendant la récolte des oeufs

L’intérieur de la remorque pondoir est très difficilement accessible pour l’agriculteur.

L’alimentation est placée dans trois mangeoires en bois auto construites. Un grillage a été rajouté par-dessus pour que les brebis ne mangent pas l’alimentation.

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Mangeoires avec grillage pour que l’alimentation ne soit pas consommée par les moutons

L’eau est fournie à un seul endroit du paddock. Il fournit un flux d’eau « fraiche » constamment.  C’est un système d’attache rapide de tuyaux avec flotteur, relié à un bac acheté en grande surface.

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Le seul abreuvoir du paddock

Le paddock est délimité par trois filets électrifiés spécial volaille de 45 m de long.

Il stocke toute son alimentation dans une remorque à côté du paddock.

Il a rajouté une remorque à plateau au centre du paddock pour pouvoir fournir un abri supplémentaire en cas d’attaque de prédateurs ou de pluie.

Il allume un spot de lumière vers 5h30 du matin pour pouvoir fournir les 15-16h de lumière nécessaire à la stimulation des poules pour une production constante.

Gestion des prédateurs

La gestion des prédateurs terrestres et aériens est très importante.

Le filet électrique type volailles est le principal outil utilisé. Cependant les filets ne peuvent pas épouser parfaitement les formes de la prairie. Il faut donc lors de la pause être rigoureux et ne pas hésiter à rajouter quelques piquets de clôture temporaires pour coller le fils du bas au sol.

Pour les prédateurs aériens, il n’a pas trouvé beaucoup de solutions. Il effraye les prédateurs lorsqu’ils sont à proximité. Il a rajouté depuis peu quelques brebis suitées pour ajouter une présence supplémentaire dans le paddock. Ceci est efficace. Il souhaite à l’avenir avoir aussi un chien de garde.

Lavage des œufs et stockage :

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La machine pour laver les oeufs

Après les deux récoltes quotidiennes il transporte les œufs dans le sous-sol de la maison de ses parents. Cette double récolte permet de limiter la casse des œufs et  de limiter leur salissement.

Les œufs peuvent être lavés 30 jours après leur récolte et peuvent être conservés 30 jours après lavage. Généralement, il vend sa production hebdomadaire dans la même semaine.

Le lavage des œufs est assuré par une machine achetée 1800 $ (=1800€). Elle permet de faire 30 œufs / minute. Ils passent généralement 30 minutes par jour au lavage et mise en paquet. Ce qui est suffisant pour passer la production quotidienne.

Le lieu de stockage et lavage est situé dans le sous-sol de la maison de ses parents, cela a été validé par les organismes de certification.

La production en quelques chiffres :

L’activité est selon Michael très intéressante économiquement, peu gourmande en temps et facilite la gestion de la trésorerie sur la ferme.

Il présente la partie économique de la ferme comme ceci pour 950 poules pondeuses :

  •  Il achète à 1 100$ (1 100€) soit 5000lbs (2.5T) de farine non-OGM pré-mixée toutes les 3 semaines (cette quantité est suffisante pour 3.5 semaines). Cela fait environ 370$ (=370€) d’aliments pour une semaine
  •  Il vend 1 200$ (=1200€) d’œufs/semaine
  • Les charges fixe : animal, terrain etc… sont de : 100$

Il travaille environ 1,5 heure/jour pour le nourrissage, lavage, changement de parcelles… Soit 10,5 heures par semaines.

Il estime donc rémunérer sa main d’œuvre à environ à 60$ (=60€)/heure.

Qui a dit qu’il était impossible de gagner sa vie en étant agriculteur ?

Quelques pistes pour plus d’efficacité :

Dans cette production Michael identifie trois points clefs de la production pour avoir une très bonne rentabilité à l’heure travaillée :

  • De bons pondoirs pour des œufs propres : il faut récolter régulièrement, pour avoir des œufs propres, donc passer moins de temps au lavage. Le système de ponte est aussi très important. Les bacs plastiques qu’il utilise actuellement ne sont pas assez efficaces. Il souhaite investir sur des systèmes de pondoirs à pente. Ce qui lui permettra de laver finalement beaucoup moins d’œufs.
  • Rotation des pâturages : Il est important de donner de l’herbe fraîche et jeune. Ceci permet  d’économiser 20-30% d’aliment  à chaque nouveau changement de paddock.
  • Efficacité au travail : l’optimisation des manipulations quotidiennes (nourrissage, déplacements…) permet d’améliorer la rentabilité de manière exponentielle.

Pour améliorer ces différents points et avoir plus de poules pondeuses sur son exploitation Michael souhaite faire quelques changements :

  • Un serre amovible avec les pondoirs, l’alimentation et l’eau accrochée. Elle sera déplacée par un tracteur, il n’aura qu’un seul module de ponte à déplacer, contrairement à deux actuellement
  • Utilisation de pondoirs à pente pour obtenir des œufs plus propres
  • Augmenter le nombre de moutons et achat d’un chien de garde pour dissuader les prédateurs terrestres et aériens

Ces investissements permettront de simplifier et d’améliorer le travail quotidien.

Pour les curieux qui souhaitent voir à peu près à quoi pourrait ressembler ses nouveaux investissements : https://hengear.com/

Conclusion :

L’activité poule pondeuse en pâturage avec vente directe des œufs est une activité très lucrative. Sa rentabilité est assurée par un équipement simple, des tâches quotidiennes limitées et une bonne valorisation du produit final. Ceci est possible grâce à un matériel adéquat et une vente du produit à son vrai coût.

Michael est très satisfait de cette activité. La très forte demande de nouveaux clients et l’expérience prise au fil des années lui conforte dans son choix pour dans le futur pour doubler le nombre de poules pondeuse présentes sur sa ferme.

HARC Agroforestry : Centre de recherche en agroforesterie dans le Missouri

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Vue générale de la ferme expérimentale

 Le centre agroforestier situé à New Franklin dans le Missouri. L’université du Missouri a créé en 1998 ce site expérimental. Sur 660 acres (267ha), sont menés de la recherche en agroforesterie et horticulture par des chercheurs et des étudiants.  Entre autres, ce site a pour objectif de créer de la référence (économique, technique, environnementale et sociale)  sur la production  de fruits à chair et à noix, l’agriculture en forêt, ripisylve, de sylvopaturage,  suivi de la tolérance à l’ombre des fourrages.

Sylvo-pâture :

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Le troupeau sous les pins rigides

L’intégration de sylvo-pâtures dans les systèmes bovins à l’herbe est étudiée sur ce site.  Les parcelles ont différents niveaux de densité de chênes rouge d’Amérique et de résineux. Les études permettent de suivre autant le gain de poids des animaux, la productivité de l’herbe et des arbres.
Du pin rigide, pin loblolly, noyer hybride  et noyer d’Amérique  ont été plantés en simple, double ou triple rang en 1994. C’est un troupeau de vaches suitées avec le veau présent toute l’année sur les patures et sylvopature qui a évolué sur ces parcelles tout au long des études.

 

La plus part des études sont terminées actuellement. Aujourd’hui, un nouveau cycle de recherche va être lancé en intégrant notamment une gestion plus rigoureuse du pâturage.  Cette étude sera portée avec trois niveaux d’ombre différents et un mélange prairial constitué essentiellement de prairies à croissance estivale.

Quelques notions intéressantes sont sorties des études précédentes. La température optimale du  corps de l’animal doit être maintenue  autour de 38.5°C et ne peut varier que de 1-2°C. Les grands écarts de température de la région créent un stress pour l’animal. L’ombre permise par les arbres en été mais aussi en hiver (avec les résineux) permet une régulation plus facile.

Cette ambiance créée a permis notamment l’amélioration du gain des bovins engraissés de 0.2lbs (90g)/tête/jour comparé à un système sans ombre pendant l’été.  Dans des études parallèles les chercheurs ont montré que l’ombre permettait d’améliorer la production laitière de 15% en été.  A travers ces différentes expérimentation ils ont montré que l’atelier bovin produit autant voir plus dans des sylvo-pâtures bien gérées et conçues comparé à des pâtures sans arbres.  De plus, sur cette parcelle du bois est produit.

Un autre système est actuellement étudié. Le mélange d’arbre est composé de chêne cherry bark oak (Quercus pagoda) et du mûrier rouge (Morrus rubra). Le mélange prairial est composé de trèfle violet et d’orchardgrass( Dactylis glomerata). Ils cherchent à comprendre comment l’ombre et la fixation de l’azote impactent la production de biomasse et la valeur alimentaire des feuilles de mûrier rouge qui sera intégré dans la ration fourragère. Dans ce système ils essaient d’intégrer au mieux la gestion précise de l’herbe.

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Une des sylvo-pâture avec au premier plan les noyers à bois et en fond différents niveaux d’ombre de pins rigides

 

 

Evaluation de l’impact de l’ombre sur les fourrages :

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La parcelle avec les différents fourrages et les différentes densités d’arbres

Un projet en plusieurs étapes est en cours dans le but de mieux comprendre les variations des rendements en fonction du pourcentage d’ombre sur les différentes plantes des prairies.

Ils évaluent pour cela plus de 40 espèces de fourrages sous ombre artificielle et en sylvo-pâture. Les plantes des prairies estivales sont celles qui ont plus de recherches. Ces plantes sont entre autres : Big Bluestem (Andropogon gerardii), Switchgrass(Panicum virgatum), Indiangrass (Sorghastrum nutans) .Trois niveaux d’ombre sont évalué : 100% de soleil, 45% de soleil et 20 % de soleil. Toutes les variétés ont fait environ pratiquement les mêmes rendements avec 45% de soleil comparé au traitement en plein soleil. Quelques espèces ont résisté au traitement avec seulement 20% de soleil.  Les qualités au niveau des protéines des fourrages dans le traitement 45% de soleil est la même que la référence plein soleil. Une augmentation des protéines dans les fourrages est à noter dans le traitement avec 20% d’ensoleillement.

Ces expérimentations ont eu lieu sous ombre artificielle puis en plein champ dans les  sylvo-pâtures.  Pour l’instant les parcelles expérimentales ne sont pas pâturés par les bovins.

Sélection de fruits à noix :

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Un des vergers de châtaigniers

Dans la région du Mid-west des Etats-unis et du Missouri la sélection et la recherche sur les fruitiers à coque est pratiquement inexistante. Ce travail est alors très lié au développement de l’agroforesterie.  En effet, si la génétique  des arbres fruitiers à noix n’est pas existante, alors la performance des systèmes agroforestiers n’est pas  possible.

Les différentes recherches ont lieu sur :

– Noix de Pecan : c’est un arbre natif des Etats Unis qui produit une noix commercialisable très demandée. Le greffage est nécessaire pour obtenir des rendements importants. Sa conduite est pratiquement  impossible en agriculture biologique dû aux fortes pressions en insectes et la forte chute des rendements.

-Noyer bois/fruit : ce site expérimental est le seul endroit de sélection des Etats Unis. Les critères pour le noyer à fruit sont le pourcentage de l’amande dans le fruit, la résistance au cassage de la coque, la résistance aux maladies, la capacité à la fructification rapide. Ils ont aujourd’hui 12 variétés sélectionnées qui ont validé les critères en termes de production.  Grâce aux outils de la génomique, iIs continuent aujourd’hui à suivre les pollinisations croisées naturelles pour éventuellement identifier de nouveaux cultivars. Grâce à l’identification de l’ADN ils vont aujourd’hui beaucoup plus vite dans l’identification de futures potentielles variétés.

Actuellement, le travail sur la commercialisation des noix est le plus important pour le bon développement de la filière. Ils ont besoin de plus de coopératives pour vendre à des prix intéressants, car aujourd’hui il y a un seul acheteur. Il fixe donc ses prix.

Le noyer est un arbre très intéressant en agroforesterie. Il a énormément été utilisé à travers le monde car il a tendance à débourrer tardivement dans l’année, ce qui laisse à la culture intercalaire le temps de se développer au printemps

-Châtaignier chinois : Ceux sont les châtaigniers les mieux adaptés au climat froid de la région.  Ils sont aussi très tolérants aux attaques d’insectes (n’impacte pas les rendements) et résistants aux champignons. Le marché extrêmement porteur de la châtaigne est un argument supplémentaire qui conforte le travail de sélection de Michael Gold.

Depuis 20 ans ils ont étudiés plus de 65 cultivars greffés. Aujourd’hui ils ont identifié  6 variétés qui ont des rendements constants :  environ 40lbs/arbre soit 18 kg/arbre (le meilleure variété produit  110lbs 50kg/arbre) ,  avec un poids régulier des châtaignes de 12-15g.  Si les noix sont plus petites, leur prix diminue. La croissance et la forme de l’arbre ont aussi été étudiées.  La recherche de nouveaux cultivars continue.  La sélection par la génomique est aussi privilégiée car elle permet de trouver directement les gènes clefs, et notamment les gènes  de males stériles. Il ne faut donc plus attendre l’expression de l’arbre dans plusieurs années pour connaitre le potentiel de l’arbre. Ceci permet aussi de laisser les arbres se poloniser entre eux et donc d’avoir un pool de croisement beaucoup plus large.

Les arbres sont plantés à une densité 9 X 9 m (124 arbres/ha). La majorité des fruits sont situés sur le haut de l’arbre, il ne faut donc pas que les branches des arbres voisin se touchent.

Pour Michael Gold, la gestion des insectes est primordiale juste après la récolte il faut stériliser rapidement les châtaignes.  La lutte est cependant très difficile quand de nombreux châtaigniers sauvages sont présents dans le milieu.

La récolte au sol des châtaignes est assurée par une machine que le centre de recherche possède.  La gestion de l’enherbement est surtout primordiale avant la récolte. Il n’a pas de problème de compétition de l’herbe avec l’eau car les arbres matures ont un système racinaire puissant. De plus, un système d’irrigation enterré a été placé il y a quelques années sur chaque ligne d’arbre.

L’élagage des châtaigniers n’as pas lieu tous les ans. Il faut surtout faire attention à ce que les houppiers des arbres ne se touchent pas entre eux et qu’un maximum de lumière puisse rentrer à l’intérieur de l’arbre. C’est une taille assez traditionnelle des arbres fruitiers en général.

La châtaigne en agroforesterie est aussi très intéressante. Ils vont mettre en place une nouvelle placette de mesure avec le blé pluriannuel : Kernza. Avec des nouveaux cultivars  de châtaigniers ils vont installer le blé Kernza qui sera pâturé et récolté pour son grain. Ce sera la première fois que ce blé sera testé en système agroforestier.

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Un des vergers de châtaigniers

Des programmes de sélection de la noisette hybride et du sureau américain démarrent également.

Conclusion :

Le centre de recherche agroforestier et horticole du Missouri est un des principaux sites de recherche des Etats-Unis. Les résultats concernant les silvo-pâtures et la tolérance à l’ombre des plantes des mélanges prairiaux sont encourageants. L’arbre a définitivement sa place dans les prairies. Dans le futur, des résultats plus intéressants pour les éleveurs vont voir le jour grâce à une meilleure gestion de l’herbe et du troupeau. Ils ont sélectionné de nouvelles variétés de noyer, châtaigniers et demain en sureau américain et noisetiers hybrides.  Ceci permet aux agriculteurs du Mid-West des états unis d’avoir des arbres adaptés au milieu, productifs et des fruits de qualité.  Grâce à ces différents axes de cherche,  l’agroforesterie dans le mid-west  peut se développer sur des bases solides.